Une chute en entraîne d’autres. Prenant acte de la baisse des cours du brut et d’une surcapacité due à une consommation de carburants en recul sur le continent, Total vient d’annoncer 180 suppressions de poste sur le site de La Mède (Bouches-du-Rhône) et de gros investissements pour moderniser celui de Donges (Loire-Atlantique).
Pourquoi cette restructuration ?
Pour Total, l’objectif est de s’adapter à la crise structurelle du secteur du raffinage en Europe, qui souffre depuis plusieurs années de surcapacités, évaluées entre 1,5 à 2 millions de barils par jour, soit l’équivalent d’une dizaine de raffineries. Le secteur fait face à une baisse de la demande en Europe pour les produits pétroliers, à laquelle s’ajoute la concurrence des sites américains, asiatiques et du Moyen-Orient aux coûts moins élevés.
Quelles conséquences en France ?
A La Mède, qui a perdu plus de 100 millions d’euros par an ces dernières années, cette transformation entraînera la suppression de 180 postes sur 430 mais sans aucun licenciement, assure Total, grâce à des départs en retraite (anticipée pour certains) et des reclassements. Le groupe ne disposera alors plus que de quatre sites de traitement de pétrole brut en France, employant 3 600 personnes. Le pétrolier a déjà restructuré deux sites dans l’Hexagone, en 2010 à Dunkerque (Nord) et en 2013 à Carling (Moselle), avec environ 350 emplois en moins. Il a parallèlement investi plus d’un milliard d’euros en 2012 sur sa plateforme de raffinage de Normandie, à Gonfreville-L’Orcher en Seine-Maritime, considérée par le groupe comme l’un de ses six sites clés dans le monde.
Et après ?
Le plan présenté jeudi prévoit d'arrêter fin 2016 le traitement de pétrole brut lourdement déficitaire à La Mède et d'investir 200 millions d'euros pour développer d'autres activités (comme les biocarburants). Il comprend aussi 400 millions d'investissement pour permettre à la raffinerie de Donges de produire à partir de 2019 des carburants conformes aux normes européennes en matière de teneur en soufre via l'ajout d'une unité de désulfuration. Ce qui rendra Total «moins dépendante des exports», assure-t-elle.




