Pas besoin d’être astrologue pour noter que les planètes sont alignées pour Dassault Aviation en ce moment. Ce lundi matin doit avoir lieu la signature du contrat de vente des vingt-quatre avions de combat Rafale commandés par le Qatar et annoncée jeudi par l’Elysée. Pour marquer le coup, François Hollande et le ministre de la Défense Jean-Yves Le Drian sont présents à Doha, la capitale qatarie.
C’est le troisième succès en trois mois pour le constructeur aéronautique français, après la vente de vingt-quatre mêmes appareils à l’Egypte en février et la promesse de l’Inde d’en acheter trente-six autres en avril. Et d’autres contrats pourraient suivre dans les prochaines semaines.
Ce week-end, Le Drian était (encore) en tournée promo au Moyen-Orient. Cette fois aux Emirats arabes unis, autre pays potentiellement intéressé par l'acquisition de Rafale, d'après l'AFP. Il a rencontré dimanche le prince héritier d'Abou Dhabi, par ailleurs commandant en chef adjoint des forces armées émiraties, avant de s'envoler pour le Qatar. L'objectif de la visite était, pour le ministre, de poursuivre le «dialogue stratégique permanent».
La France et les Emirats discutent Rafale depuis sept ans. L'Etat du Golfe cherche notamment à remplacer ses soixante Mirage 2000-9 déjà achetés à Dassault. Il était question en 2009 que cette flotte soit remplacée par un nombre équivalent de Rafale, à condition que l'Hexagone reprenne les Mirage - pour les revendre ensuite d'occasion. Mais la transaction traîne en longueur… Mi-avril, un autre ministre, celui des Affaires étrangères, est allé jouer le VRP auprès du prince héritier d'Abou Dhabi. «Il y a un proverbe en France qui dit jamais deux sans trois. Je crois beaucoup en ce proverbe», avait lancé Laurent Fabius après son entretien avec le cheikh, alors que la commande du Qatar n'était pas encore confirmée. Quelques jours plus tard, il faisait état de «discussions» qui allaient «dans le bon sens».
En février, la France était aussi en discussion avec la Malaisie pour la vente de seize Rafale. La commande de l'Egypte a semble-t-il été décisive. «Le succès appelle le succès», estime Bruno Tertrais, de la Fondation pour la recherche stratégique, interrogé par l'AFP. Pour lui, les pays du Golfe «apprécient la constance de la France» concernant sa politique étrangère au Proche-Orient. Notamment sa fermeté vis-à-vis de l'Iran sur son programme nucléaire, le grand rival chiite des émirats sunnites du Golfe.«Dans cette région du monde, la France tient une position stratégique cohérente et comprise», a souligné Jean-Yves Le Drian dans le Journal du dimanche.
S'il y a donc quelqu'un à qui profite l'instabilité à l'œuvre dans cette région, c'est bien la France : ses exportations d'armes atteindraient déjà, selon le ministre, «plus de 15 milliards d'euros» en 2015 - contre 8,1 en 2014. Succès qu'il faudra ensuite assumer.




