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Libération

Frédéric Lordon poète contre les équations

Publié le 15/05/2015 à 19h56

Empêcheur de ronronner à gauche, économiste «atterré», Frédéric Lordon est chargé de recherche au CNRS. Il a suivi les cours de Robert Boyer, chef de file de l'école française de la régulation, inspirée du marxisme. Bourdieusien, il combat ces économistes qui voudraient faire de leur discipline une science autonome, une sorte de physique du monde économique. Si l'économiste mainstream croit à la parfaite rationalité des agents économiques, Lordon pense au contraire que leur comportement est toujours façonné par le cadre des structures et des institutions dans lesquels ils évoluent. Dans ses livres et sur son blog, il ne cesse de réinterroger le fonctionnement du capitalisme et son avatar, le néolibéralisme. Jusqu'à en esquisser une critique spinoziste. Il a recours au théâtre, utilise l'alexandrin pour décortiquer l'avidité des banquiers ou l'aveuglement des politiques qui ont rendu possible la crise des subprimes… Ce qu'il déteste plus que tout ? Les pseudo-vérités assénées par ceux qu'il appelle «les économistes à gage», ne pas prendre le temps d'expliquer la complexité.

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