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Récit

UberPop roule désormais à Marseille, Strasbourg et Nantes

Malgré les controverses et les poursuites judiciaires, le leader mondial des VTC poursuit son offensive en France dans le transport entre particuliers.

Un chauffeur UberPop au volant. (Photo Britta Pedersen. AFP)
Publié le 08/06/2015 à 13h11

Débarquée en France en 2011, la société américaine Uber continue de tracer sa route dans le transport entre particuliers avec son service de mise en relation, UberPop. Imperturbable malgré les plaintes des organisations de taxis. Et imperméable à la loi Thévenoud, qui interdit cette activité de transport, réservée aux seuls professionnels : taxis et VTC (voitures de tourisme avec chauffeur). UberPop est de fait assimilé à du travail au noir et met ses chauffeurs non professionnels en infraction avec la loi. Ce lundi, le géant californien annonce tout de même que son application mobile controversée est désormais active dans trois nouvelles villes françaises. Après Paris, Lille, Lyon, Nice, Toulouse et Bordeaux, le service UberPop est aussi proposé à Strasbourg, Nantes et Marseille.

Fidèle à sa stratégie – on continue et on poursuit notre développement malgré les législations en cours tant que l'on n'a pas épuisé tous les recours juridiques (cour d'appel, Cour de cassation, Conseil constitutionnel, Commission européenne) –, Uber exaspère les professionnels du transport de particuliers, mais aussi le gouvernement. Celui-ci croyait avoir réglé la question UberPop en promulguant le 2 octobre 2014 la loi Thévenoud adoptée par le Parlement en juillet 2014 qui n'autorise le transport onéreux qu'aux taxis et VTC enregistrés, et interdit le transport rémunéré entre particuliers, sauf dans le cas du covoiturage (mais il s'agit alors d'un partage de frais). Que nenni. Uber, par le biais de son armée d'avocats, joue la montre en contestant toutes les décisions de justice, le marché français étant le plus porteur pour lui après les Etats-Unis et le Royaume-Uni.

«Ce n’est que le début»

Ainsi, condamnée à 100 000 euros d'amende par le tribunal correctionnel de Paris fin 2014 pour sa filiale UberPop, la société américaine a fait appel. Fin 2014 également, saisi par les organisations de taxis et de VTC, le tribunal de commerce de Paris a choisi de se tourner vers la Cour de cassation qui, à son tour, a saisi le Conseil constitutionnel. L'affaire est toujours en cours. Fin mai, le préfet du Nord a interdit UberPop à Lille pour «concurrence déloyale» vis-à-vis des VTC et des taxis. Mais aucune décision de justice n'ayant définitivement tranché, UberPop roule comme si de rien n'était. Et nargue même ses détracteurs.

Ainsi, lundi, Alexandre Molla, directeur général expansion d'Uber France, a déclaré que le lancement d'UberPop à Marseille, Strasbourg et Nantes «n'est que le début». Selon lui, «à Marseille, c'est quasiment 100 000 personnes qui avaient ouvert l'application ces derniers mois sans pouvoir bénéficier du service, 12 000 à Nantes et 8 000 à Strasbourg». Il a aussi annoncé qu'«une offre VTC Uber devrait suivre dans les semaines ou les mois qui arrivent» dans ces trois villes. Les taxis apprécieront.

Au ministère de l’Intérieur, on se défend de tout immobilisme : les locaux d’Uber ont été perquisitionnés en début d’année et près de 400 procédures ont été engagées contre des chauffeurs UberPop à la suite d’interpellations. Pourtant, UberPop continue, inexorablement, de tisser sa toile dans l’Hexagone.

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