«Tvuit, tvuit tvuit.» Chouette : l’exosquelette dans lequel on est entré fait exactement le bruit qu’on imaginait. Ce mélange de mécanique, d’électronique et d’intelligence artificielle si caractéristique du cyberpunk. Les curieux s’arrêtent, filment, tweetent.
Au salon Innorobo de Lyon, une demi-douzaine d'appareils étaient présentés, dont celui du Lissi, un laboratoire rattaché à l'université Paris-Est Créteil (Upec). C'est sans doute le plus «grand public», et c'est lui qu'on a eu le bonheur d'enfiler. Cette branche de la robotique frémit depuis quelques années. Rien qu'en France, trois entreprises s'y consacrent : Exhauss, RB3D et Wandercraft. Popularisées par le cinéma - elles produisent leur petit effet dans Matrix Revolutions, Pacific Rim et Edge of Tomorrow - ces enveloppes robotisées censées décupler nos capacités physiques sont l'objet des fantasmes les plus fous. Les militaires veulent créer le soldat augmenté, les industriels le «sur-ouvrier» et les médecins le paraplégique qui remarche. Suspendu autour d'un mannequin sur le stand du Lissi (photo), l'«Eicosi» (pour «exosquelette intelligent communicant et sensible à l'intuition») a été conçu pour «aider quelqu'un dans ses mouvements quotidiens», explique Samer Mohammed, de l'Upec, un des responsables du projet. En clair : permettre à une personne en perte de mobilité de marcher, monter des escaliers… voire de réapprendre à marcher. «Et si on n'a pas de problème particulier pour se déplacer ?» ose-t-on. «Ça peut servir pour marcher plus vite», répond le chercheur.
En l’enlevant, une sensation étrange envahit nos jambes. Ce sont donc elles qui, d’habitude, nous permettent d’avancer… Alors, marche-t-on vraiment plus vite avec un exosquelette ? Oui, mais ce n’est pas flagrant. Et dépenser plus de 70 000 euros pour faire «tvuit tvuit tvuit»… Notre cœur balance encore. Photo Gabriel Siméon




