La dernière étape du «paper plane» (avion en papier) avait duré 4 jours, 21 heures et 52 minutes. Après avoir décollé de Nagoya au Japon, le pilote suisse André Borschberg a atterri le 3 juillet sans encombre à Kalaeloa dans l'archipel d'Hawaï. Pourtant ce mercredi l'équipe de Solar Impulse a annoncé que l'avion resterait bloqué sur place pendant plusieurs mois, temps nécessaire pour réparer les batteries qui ont subi des dommages «irréversibles».
Dès le premier jour du vol Nagoya-Hawaï, considéré comme l'étape la plus difficile du parcours, les batteries de l'avion ont sévèrement surchauffé, un dysfonctionnement que les ingénieurs du projet ne sont pas en mesure de corriger avant le printemps 2016. Bien que la surchauffe ait été constatée par l'équipe de surveillance pendant le vol, celle-ci n'a pu intervenir qu'après l'atterrissage de l'appareil à Hawaï. L'équipe de Solar Impulse a déclaré que «les dommages subis par les batteries ne sont pas le résultat d'une erreur technique ou d'une faiblesse dans la technologie mais plutôt d'une erreur d'évaluation du profil de la mission et du dispositif de refroidissement des batteries.» En clai,r les ingénieurs n'avaient pas suffisamment anticipé sur la température des batteries dans les petites montées et descentes en conditions climatiques tropicales.
De retour en 2016
Bertrand Piccard, médecin psychiatre passionné d'aviation, devait relayer le pilote suisse pour la prochaine étape. Il était censé repartir à bord de l'avion solaire dans quelques semaines selon les premières prévisions. Autant dire qu'il devra patienter. Cependant le projet révolutionnaire de l'équipe qui a déjà battu le record du monde de vol en solitaire après plus de 115 heures de vol ne s'arrête pas là. L'avion sans carburant reprendra son tour du monde en 2016 en direction de Phoenix en Arizona (sud-ouest des États-Unis), traversera le pays jusqu'à New York puis l'Atlantique jusqu'en Europe pour finir son parcours à Abu Dhabi d'où il est parti le 9 mars. Equipé de 17 000 cellules photovoltaïques aussi fines qu'un cheveu humain, l'appareil a parcouru jusqu'ici près de 18 000 kilomètres, atteignant jusqu'à 8 634 mètres d'altitude à une vitesse moyenne de 61,19 km/h. Et c'est déjà un exploit.
Avant ce sérieux pépin, les conditions météorologiques avaient déjà causé plusieurs retards dans le calendrier millimétré de Solar Impulse. Bertrand Piccard, lui, essaie de prendre les choses avec philosophie : «Essayer de faire l'impossible prend plus de temps que de rester dans le champ des possibles», a-t-il déclaré à l'annonce de l'immobilisation de Solar Impulse 2 (voir la vidéo ci-dessous, en anglais).




