La crise de la filière porcine menace de repartir. Aucune cotation n’a eu lieu lundi au Marché du porc breton (MPB) de Plérin (Côtes-d’Armor), où s’établit deux fois par semaine le prix de référence national de cette viande.
Motif : la Cooperl et Bigard-Socopa, les deux plus gros acheteurs de porcs, ont boudé la vente et engagé une épreuve de force avec les éleveurs. Façon de manifester leur mécontentement sur le prix du porc, qui s’établit à environ 1,40 euro le kilo, objectif fixé par le gouvernement mi- juin pour tenter de résoudre la crise.
Selon les deux industriels, ce prix - trop élevé - met à mal leur activité, car ils doivent faire face, à l'export comme en France, à des concurrents européens, notamment allemands et espagnols, qui pratiquent des prix bas grâce à des exigences sociales ou environnementales moins contraignantes. Les 2 700 agriculteurs adhérents de la coopérative «n'ont pas vocation à financer un cours politique pour tenir la tête hors de l'eau à une partie de la production française», a précisé la Cooperl.
La grande distribution, «qui n'a pas encore renoncé à sa politique de guerre des prix et des marges», est aussi dans son viseur. Paul Auffray, président de la Fédération nationale porcine (FNP), a dénoncé un «chantage et une prise en otage des éleveurs par Bigard et par la Cooperl, qui voudraient que les prix baissent de 15 centimes par kilo par rapport à leur niveau actuel». Stéphane Le Foll, le ministre de l'Agriculture, a promis que «tout sera[it] mis œuvre» pour que les cotations reprennent jeudi. Et annoncé une table ronde pour la fin août.




