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Libération
Récit

Tata en pince pour Uber

Le géant industriel indien met un ticket de 90 millions euros dans le service de transport urbain californien.

Des chauffeurs Uber manifestent à New Delhi, en décembre 2014, après qu'une accusation de viol contre l'un d'entre eux ne pousse la ville à refuser les services de la société californienne sur son territoire. (Photo Anindito Mukherjee. Reuters)
Publié le 20/08/2015 à 15h50

Le conglomérat indien Tata s’intéresse de très près au développement de Uber dans son pays : il va investir jusqu’à 100 millions de dollars (90 millions d’euros) dans le service de location de voiture avec chauffeur Uber, qui cherche à se développer dans le pays.

Le Tata Opportunities Fund (TOF), qui gère les innombrables placements du groupe dans des entreprises privées indiennes et étrangères, sera responsable de l’opération. La somme exacte de l’investissement n’a pas été communiquée mais, selon les médias indiens, elle serait comprise entre 75 et 100 millions de dollars.

Influence à l’international

Valorisée à 50 milliards de dollars (45 milliards d'euros) selon le Wall Street Journal, Uber est en pleine expansion en Inde. Implantée dans le pays depuis deux ans, la société propose ses services dans 18 villes et totalise 150 000 chauffeurs enregistrés. Fin juillet, elle avait annoncé son intention d'investir 1 milliard de dollars dans le développement de ses activités indiennes sur les neuf prochains mois.

Véritable institution nationale, le groupe Tata – qui est un peu à l’Inde ce que Fiat est à l’Italie ou General Motors aux Etats-Unis – a multiplié les acquisitions ces dernières années, notamment dans les entreprises high-tech. En 2000, il avait racheté les thés anglais Tetley pour 538 millions de dollars. C’est néanmoins la première fois que son fonds investit dans une entreprise dont le siège n’est pas en Inde, signe que le groupe cherche à étendre son influence à l’international. L’opération pourrait également permettre au conglomérat de redorer son image après l’échec de la Tata Nano, la voiture à bas coût lancée par le groupe en 2008 et qui n’a pas réussi à atteindre ses colossaux objectifs de vente.

L’alliance avec un géant local parviendra-t-elle à faire oublier le scandale du viol présumé d’une passagère par un chauffeur employé par Uber ? Les autorités de la ville de New Delhi, théâtre du crime présumé, ont en tout cas tranché, interdisant à la société de proposer ses services dans la capitale et refusant, en juin, sa nouvelle demande de licence.

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