L’écoute numérique continue de progresser et les ventes physiques de baisser. Ainsi formulé, le constat du marché hexagonal de la musique enregistrée, réalisé à la fin juillet par le Syndicat national de l’édition phonographique (Snep), n’a, en soi, rien d’étonnant au vu des dernières années. Reste que, en crise depuis le début des années 2000 et le développement du numérique, le marché de la musique enregistrée a connu une nouvelle baisse de 6,2% sur les sept premiers mois de 2015. Et si elles sont toujours en hausse, les recettes liées au marché numérique (téléchargement légal et streaming) ne compensent toujours pas les baisses liées à la chute du marché physique à la différence d’autres pays comme les Etats-Unis, plus avancés dans leur transition numérique.
Résultat, avec un chiffre d’affaires global de 207,3 millions d’euros sur les sept premiers mois de l’année, le marché de la musique enregistrée a encore connu une perte de 13,6 millions d’euros sur la période, soit -6,2%. Pas de quoi inviter les acteurs d’un secteur qui continue de s’enfoncer malgré ses drastiques coups de ciseaux (sévères plans sociaux et modifications radicales de stratégies marketing) ainsi que ses dernières diversifications à s’autoriser à faire des claquettes pour fêter la rentrée.
Succès des abonnements de streaming
Entre début janvier et fin juillet, les ventes de supports physiques (CD et vinyles) ont continué à s'écrouler avec un chiffre d'affaires de 118,3 millions d'euros contre 144,3 millions sur la même période en 2014, soit une chute de 18% en un an. Cette chute est en partie amortie par une nouvelle hausse des revenus issus du streaming, qui totalise 58,6 millions d'euros de chiffre d'affaires en sept mois contre 41,1 millions sur la même période en 2014, soit + 42,7%. Les revenus issus de l'écoute des morceaux en ligne (streaming) représentent désormais «la moitié du chiffre d'affaires des ventes physiques» (CD, vinyles) en France, selon le bilan établi mardi par le Snep, principal syndicat de producteurs de disques.
Cette progression est d'abord due aux abonnements aux plateformes de streaming (Spotify, Deezer, Apple Music et Tidal), qui représentent les trois quarts (76%) des revenus du streaming. Le dernier quart provient de la publicité dans le modèle d'écoute gratuite proposé par certaines plateformes (Spotify, Deezer). «Avec près de 9 milliards d'écoutes en streaming sur les sept premiers mois de l'année, les consommateurs français confirment leur engouement pour ce nouvel usage», estime le Snep.
Louane au top des ventes d’albums et des écoutes radio
Un usage qui, mécaniquement, pénalise les ventes de musique numérique, aka les téléchargements payants. Ces derniers ont chuté en France de 14,8% lors des sept premiers mois de l’année, à 26,9 millions d’euros. A fin juillet, le marché du streaming représentait les deux tiers des revenus numériques et 28% du marché global.
Pour finir, l'album qui s'est le plus vendu au premier semestre est… celui de la jeune Louane (387 000 exemplaires de Chambre 12 écoulés). Le titre qui s'est le plus vendu sur le Net (112 000 téléchargements légaux) est Cheerleader de OMI, morceau qui a été également le plus demandé en streaming (27 millions d'écoutes). A la radio, enfin, le single Avenir de Louane a été le plus diffusé, avec 995 millions de contacts, soit le nombre total des écoutes cumulées d'auditeurs.




