Quel impact aura le 13 novembre sur l'activité économique des cafetiers et des restaurateurs, établissements attaqués par les terroristes ? Réponse sans surprise de l'Union des métiers et des industries de l'hôtellerie (Umih), principal organisme syndical patronal qui représente le secteur français de l'hôtellerie, de la restauration, des cafés et des discothèques : «Il est trop tôt pour le dire, mais, sans s'avancer, on peut dire que, dans la mesure où les gens sont moins enclins à sortir de chez eux pour se faire plaisir et se divertir, le secteur sera forcément touché.» De fait, les rues de Paris sont nettement moins fréquentées qu'à leur habitude, malgré une météo clémente pour la saison.
Sur un plan financier, le syndicat des CHR (cafés, hôtels, restaurants) travaille à un fonds de soutien pour ses adhérents. «Il n'y a pas d'enveloppe fixée, car il est difficile de définir le périmètre des personnes touchées par les attentats.» Néanmoins, dans le cadre de la mutuelle santé des adhérents de l'Umih, une aide psychologique et financière a été mise en place en urgence auprès des chefs d'entreprise et des salariés touchés par les événements.
De son côté, la Banque publique d’investissement, organisme de financement et de développement des petites et moyennes entreprises françaises, a annoncé sa décision de suspendre pendant six mois les échéances des crédits des établissements auxquels elle a accordé des prêts professionnels d’activité.
Une chose inquiète les professionnels de la restauration : l'extension de l'état d'urgence pour trois mois. «Cela donne le signal aux gens qu'ils prennent un risque en sortant dans la rue, donc en allant boire un verre ou manger un morceau», dit un bistrotier du quartier Oberkampf, voisin de la salle du Bataclan où 89 personnes ont perdu la vie, vendredi. Et d'ajouter : «Les déclarations du gouvernement sur le risque d'être à nouveau frappés par les terroristes islamistes ne vont pas aider la vie à reprendre. OK, il fait son travail. Mais moi, je veux aussi pouvoir faire le mien.»
A vingt mètres, un restaurateur du boulevard Voltaire, qui requiert l'anonymat parce qu'il ne veut «pas donner l'image du pleurnichage commercial», s'autorise un parallèle avec la situation en Tunisie et en Egypte : «Il n'y a plus de touristes là-bas, car les gens ont peur. Il ne faut pas que cela soit la même chose à Paris.» Il se persuade : «La foudre ne tombe jamais deux fois au même endroit.»




