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Libération
Éditorial

A votre e-santé !

Au début, c’est un jeu de tout calculer, peser, surveiller. Et cela peut tourner au cauchemar.

Publié le 26/11/2015 à 17h26

Big data, m-santé, quantified self ou soi quantifié, etc… Les bouleversements de la révolution numérique en cours depuis plus de quarante ans ne transforment pas que le métier de chauffeur de taxi, ils transforment aussi l’univers de la santé. Souvent, on regarde ces mutations avec espoir. Parfois à raison, car les espoirs sont immenses : promesse de mieux soigner, de mieux prévenir, voire de tendre vers l’immortalité. Les revers de la médaille (privatisation des systèmes de santé, hacking et j’en passe) sont aussi angoissants.

D’ailleurs, à propos d’angoisse, savez-vous qu’il existe une appréhension directement liée à l’utilisation des données de santé ? Tout utilisateur des sites médicaux le sait : se rendre sur les fiches de Doctissimo suffit à faire augmenter la tension. On y vient pour consulter une page sur la toux sèche, on en repart persuadé d’avoir une maladie incurable et six mois d’espérance de vie.

Imaginer alors ce qui se passera quand on sera connecté à des objets qui mesureront en permanence et en temps réel notre alimentation, notre tension, le nombre de pas, notre posture… Au début, c’est un jeu de tout calculer, peser, surveiller. Et cela peut tourner au cauchemar. On parle alors de l’«angoisse du contrôle de soi». Mais soyons optimistes : il y aura sûrement une application ou un objet connecté pour examiner tout ça…

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