Ballotté entre une base pour le moins méfiante, son ministère de tutelle, le CSA et les autres instances de régulation, Mathieu Gallet, patron de Radio France, n’est pas près d’avoir les moyens des ambitions affichées au début de son mandat. Dernier épisode en date : la commission de la culture, de l’éducation et de la communication du Sénat a rendu mardi un avis défavorable au contrat d’objectifs et de moyens (COM) qui doit définir la stratégie de la Maison ronde pour les quatre années à venir. Après de nombreuses passes d’armes entre Gallet et le ministère de la Culture, ce COM devait être celui du consensus. Ce n’est pas le cas et c’est une première.
La commission, qu’on sent obnubilée par la volonté de réaliser des économies, pointe plusieurs reproches : absence de réformes structurelles, et notamment de rapprochement des rédactions des différentes chaînes, abandon du plan de départs volontaires, poursuite de la diffusion hertzienne de Mouv’, report du retour à l’équilibre des comptes… L’équation est difficilement tenable pour Gallet : on lui demande à la fois d’être ambitieux et d’engager des réformes profondes devant déboucher sur des économies.
La semaine prochaine, ce sera au tour de l’Assemblée nationale de se prononcer. Même si les deux avis sont consultatifs, un autre non installera un nouveau climat de défiance. Ironie de l’histoire, cette intention louable de dénoncer l’immobilisme risque de provoquer la paralysie de la Maison ronde.




