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Décryptage

Où acheter une voiture dotée d’une pile à combustible ?

Publié le 10/03/2016 à 19h51

C'est le hic : en France, un particulier ne peut pas s'offrir de voiture propulsée à l'hydrogène. Les constructeurs les réservent aux entreprises ou aux collectivités territoriales. «Ça prendra encore un peu de temps pour que vous ou moi allions chez un concessionnaire Toyota pour s'acheter une Mirai», prévient Sébastien Grellier, de chez Toyota. Ces voitures coûtent autour de 60 000 euros, soit deux fois que le prix d'un modèle thermique équivalent. La faible production explique en grande partie ces prix élevés. «Il est normal qu'un modèle innovant, faiblement diffusé et qui porte seul l'ensemble de ces coûts de développement coûte plus cher qu'un modèle thermique classique, explique Guillaume Crunelle, du cabinet Deloitte. Vendez 100 000 Mirai par an et vous verrez que le coût va baisser fortement.» Deuxième explication : le prix de la pile à combustible, élevé en raison du platine qu'elle contient. Ces quinze dernières années, la quantité nécessaire de ce métal, aussi cher que l'or, a été drastiquement réduite, mais il plombe encore le prix de voiture, tout comme le réservoir à hydrogène, renforcé afin de supporter une pression de 700 bars.

Deuxième frein à sa diffusion : l'absence de pompes à hydrogène. Il n'en existe qu'une dizaine en France et en général dans des lieux privés. Une dizaine d'autres devraient rapidement apparaître, grâce souvent à des initiatives locales. Un plan gouvernemental prévoit l'installation d'une centaine de stations d'ici 2018. Reste à voir si ce sera suffisant pour lancer le marché. En attendant, les constructeurs misent sur les collectivités et les entreprises pionnières, soucieuses d'associer leur image à la transition énergétique. Elles seules sont capables d'investir dans les véhicules et leurs stations de recharge, puis de former du personnel capable d'assurer la maintenance. Ces acteurs deviennent le terrain d'expérimentation de la «mobilité hydrogène», rôle qu'elles endossent de bonne grâce. «Si le secteur doit décoller, ce sera grâce à ces niches, grâce à ces flottes captives», explique Alexandre Chèvre, spécialiste automobile au Bureau d'information et de prévisions économiques.

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