C’est un grand classique dans la dramaturgie des mariages d’entreprises : plus l’issue se rapproche, plus les positions se tendent, au risque de tout faire capoter. Alors qu’Orange et Bouygues Telecom ont décidé de se donner soixante-douze heures supplémentaires, jusqu’à dimanche soir, pour trouver un accord incluant nécessairement au passage celui des deux autres opérateurs SFR et Free. Le principal point de blocage se concentre autour des conditions d’entrée de Martin Bouygues au capital de l’opérateur historique. L’homme d’affaires a fixé à 10 milliards d’euros le prix de sa boutique - qui ne vaut que 6 milliards d’euros dans ses livres de comptes. En échange de laquelle, il prendrait 12 % d’Orange. Son premier actionnaire, à hauteur de 23 %, l’Etat, va se retrouver dilué, et plus la valorisation d’Orange sera haute et celle de Bouygues basse, moins la dilution sera forte. Le ministre (et ex-banquier d’affaires) Emmanuel Macron voudrait, en outre, imposer des clauses encadrant strictement les marges de manœuvre du nouvel actionnaire d’Orange. On résume : le moins de cash possible à débourser pour Bouygues et une influence limitée dans le nouvel ensemble. De quoi échauder Martin Bouygues, qui doit composer avec un témoin de mariage très regardant.
Noces tendues pour Bouygues et Orange
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Publié le 31/03/2016 à 20h01
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