Ils n'ont pas été les premiers sur place (avant, ils étaient sur les Skyblogs), mais une fois les lieux investis, ils en ont fait ce qu'ils voulaient. Quand les jeunes sont arrivés sur Facebook, ils ont commencé à partager tout et n'importe quoi. Quand ils ont débarqué sur Twitter, on a découvert les «RT si followback» d'ados en quête de validation sociale. Et puis, enfin, ils ont eu leur endroit à eux, au concept si étrange - des conversations sans archive à base d'images légendées - qu'il exclut de facto toute personne de plus de 25 ans. Depuis 2013, Snapchat est l'application de prédilection des jeunes qui se sont approprié tous ses codes et qui ont, comme à chaque fois, créé les leurs. Et ça marche tellement que l'appli vient de dépasser Twitter en nombre d'utilisateurs (150 millions pour 140 millions chez l'oiseau bleu) et serait valorisé le double (plus de 20 milliards de dollars, soit 17 milliards d'euros).
Pour qui n'a jamais utilisé Snapchat, l'appli n'a rien d'intuitif et il faut apprendre en marchant pour maîtriser les usages des filtres et des stickers. Surtout, comme tout réseau social qui se respecte, elle n'a d'intérêt que si on a des amis qui l'utilisent. Ce qui est problématique quand on est trop vieux (plus de 25 ans, donc). Pour essayer de contourner cette barrière, Snapchat propose aujourd'hui des «storys» réalisées par des médias installés (CNN, Vice, Buzzfeed, etc.), qui exploitent particulièrement bien le format smartphone. Un passage à l'âge adulte qu'est en passe de réussir Periscope, qui est resté pendant des mois le lieu de diffusion privilégié des états d'âme d'ados désœuvrés. Avec le suivi de Nuit debout par Rémi Buisine, on a découvert que le live vidéo pouvait dépasser le cadre de l'introspection sur canapé.
Et aussi : Ask.fm, Kik, Miitomo, Line.




