Après un problème technique lors du décollage, un boeing 777 d'Air France transportant 289 passagers parti dimanche matin de l'aéroport d'Orly pour la Guyane a vidangé une partie de son carburant au-dessus de la forêt de Fontainebleau, en Ile-de-France, avant de se poser à Roissy. «Le moteur a ingéré de la gomme d'un pneu de l'avion, ce qui a altéré son fonctionnement», a ainsi expliqué un porte-parole d'Air France à l'AFP. La décision est alors prise par le commandant de bord de reposer l'appareil, comme prévu dans une telle situation. Pour un gros porteur venant de décoller vers une destination lointaine, encore chargé de plusieurs dizaines de tonnes de kérosène, la procédure est en effet classique: il faut d'abord larguer une partie du carburant sans quoi l'appareil, trop lourd, risque un éventuel crash à l'atterrissage.
Impact environnemental «minime»
Le maire Les Républicains de la ville de Fontainebleau, Frédéric Valletoux, s'est indigné dimanche de l'opération de délestage, jugeant «scandaleux» que cette procédure «soit encore autorisée». «La forêt de Fontainebleau, c'est 10 millions visiteurs/an, l'espace naturel le plus protégé en France», a-t-il écrit sur Twitter. Mais le lieu du délestage n'est pas le fruit du hasard. Selon les règles de la procédure, ce sont les contrôleurs aériens qui décident où les appareils qui se trouvent dans un tel cas de figure vont vider leurs réservoirs. «Si l'avion a décollé d'un aéroport proche du littoral, le délestage est réalisé sur un plan d'eau», explique ainsi un représentant de la Direction générale de l'aviation civile (DGAC). «Si c'est en pleine terre, comme les aéroports parisiens, on va choisir dans la mesure du possible une zone peu peuplée, en campagne, ou en région parisienne, très urbanisée, des zones forestières», ajoute-t-il en précisant que la décision est prise en fonction de l'urgence de la situation.
Scandaleux que cette procédure soit encore autorisée. Forêt Fbleau, c'est 10 millions visiteurs/an, l'espace naturel le + protégé en FR https://t.co/GhX7SxfBxs
— Frédéric Valletoux (@fredvalletoux) September 25, 2016
D'ailleurs, pour la DGAC, une fois l'essentiel du carburant évaporé, il ne reste que «quelques milligrammes (de kérosène) par mètre carré» et l'impact environnemental est «minime». Lors d'un délestage, «on n'ouvre pas les vannes pour faire couler du kérosène sur la tête des gens», assure le porte-parole de la DGAC. Volant en cercles, l'appareil se décharge du carburant en le rejetant par vaporisation sous forme de fines gouttelettes. «Au contact de la chaleur produite par la lumière du soleil, 90% du carburant délesté s'évapore (dans l'atmosphère) et produit de l'eau et du CO2, ce qui est ni plus ni moins ce qui sort des réacteurs en phase de vol normal. (...) Environ 10% du carburant tombe au sol et une bonne partie s'évapore à son contact», ajoute-t-il. Et de conclure : «Entre mettre en place une procédure de délestage et mettre en danger la vie de centaines de passagers, le choix est rapidement fait». De son côté, le vol, et ses 289 passagers, ont redécollé avec un avion de remplacement vers 15h30 à destination de la Guyane.




