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Libération

Uber Le numéro 1, Travis Kalanick, poussé vers la portière

Publié le 13/06/2017 à 20h36

Les fusibles n’auront pas suffi cette fois pour sauver la peau de Travis Kalanick : sous pression depuis dimanche après la tenue d’un conseil d’administration de crise de six heures, le très rude fondateur d’Uber, 40 ans, a finalement décidé d’abandonner pour un temps indéterminé la tête de la société qu’il a créée en 2009. Face aux scandales à répétition qui ternissent l’image du leader mondial du transport urbain à la demande et accusé d’avoir encouragé des pratiques managériales douteuses, Kalanick avait d’abord sacrifié le numéro 2 de l’entreprise, Emil Michael, qui a annoncé sa démission lundi. Mais il avait réservé sa réponse sur la «recommandation» du cabinet d’avocats Covington & Burling et de son associé star Eric Holder, ex-ministre de la Justice d’Obama, qui lui suggérait de se mettre en retrait de la société. Il y a un mois, Kalanick avait lui-même évoqué cette éventualité après le décès de sa mère et l’hospitalisation de son père. Mais le contrôle qu’il exerce sur le conseil d’administration - où il détient la majorité du capital et des droits de vote avec deux autres fondateurs - empêchait de le débarquer sans son assentiment.

Déjà accusé de vol de brevets à Google, d’espionnage industriel de son concurrent Lyft et d’avoir tenté d’étouffer une affaire de viol d’un de ses chauffeurs en Inde, le groupe avait renvoyé la semaine dernière 20 de ses salariés après 215 plaintes en interne, faisant état de harcèlement (sexuel ou non) ou d’intimidations.

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