Six mois après la présentation du plan «France IA» en mars dernier sur l'idée de l'ex-secrétaire d'Etat au numérique Axelle Lemaire, c'est au tour de son successeur Mounir Mahjoubi de revenir sur l'ouvrage et de marquer sa présence sur cette thématique très en vogue. Ce dernier annonce au JDD qu'il a été chargé par le Premier ministre Edouard Philippe de mener une nouvelle mission d'information sur le sujet – mission confiée au mathématicien et député LREM de l'Essonne Cédric Villani. «J'avais besoin de trouver un partenaire qui pense différemment qu'au gouvernement, explique le secrétaire d'Etat. Cédric Villani a une méthode de travail, du fait de son métier de mathématicien, assez hétérodoxe et complète», explique-t-il. Présent lors de la remise à l'ex-président de la République François Hollande du précédent rapport sur l'IA, le médaillé Fields à la lavallière avait insisté sur la nécessité, dans ce domaine, de rapprocher «le monde de la recherche et celui de l'industrie. La France a longtemps souffert d'un trop grand cloisonnement entre ces deux univers et est en train de lutter activement à combler le fossé entre ces deux univers», avait expliqué celui qui venait alors d'être recruté par le cabinet de conseil Boston Consulting Group (BCG) en tant que conseiller scientifique de BCG Gamma, l'entité de l'entreprise dédiée au Big Data.
Santé, voiture autonome, éducation…
Cédric Villani aura trois mois pour rendre ses recommandations. Il pourra s'appuyer sur l'encore très frais rapport «France IA» rédigé à partir des réflexions de plus de 500 contributeurs. Cette mission n'a pas pour objectif de déboucher sur un énième projet de loi ni même un paquet de mesures précises. L'idée, précise Mounir Mahjoubi, est «de proposer une stratégie pour les prochaines années, définir si un débat national doit être mené et sur quels sujets. Si on prive les Français d'une réflexion sur le sujet, il y aura un déni de démocratie.»
Le plan «France IA» rédigé à partir des contributions d’une dizaine de groupes de travail aborde des thématiques aussi diverses que la voiture autonome, la santé, l’éducation, l’énergie, la relation-client ou encore l’acceptabilité sociale et la confiance de ses utilisateurs dans ces nouvelles technologies. Lors de sa présentation, François Hollande avait annoncé le déblocage d’une enveloppe d’1,5 milliard d’euros d’argent public pour les dix prochaines années dans le cadre du programme d’investissements d’avenir. Une démarche notamment inspirée des plans stratégiques IA lancés ces derniers mois aux Etats-Unis, en Chine ou en Corée du Sud. Si les idées sont donc déjà là, il manquait une caisse de résonance médiatique pour incarner le sujet. Avec Cédric Villani, elle est assurée.




