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Duralex, les déboires d’un verre culte

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Objet marquant des décennies 1960-1970, le verre Duralex reste un mythe. Inventé par Saint-Gobain puis passé de main en main, il appartient aujourd'hui à un Turc qui espère sauver la marque en misant sur son identité très française.

Publié le 19/10/2005 à 4h09

La Chapelle-Saint-Mesmin envoyée spéciale

Levons un malentendu. Le chiffre au fond, au fond du verre Duralex. «Tu as quel âge ? Ñ J’en ai 17, et toi ?» Le petit jeu a passionné des générations d’enfants à l’heure de la cantine entre les carottes râpées et le boeuf-purée. On pouvait vieillir de dix ans du jour au lendemain, et rajeunir tout autant. On s’en doutait un peu : ce chiffre fétiche n’est pas un âge. Un simple numéro, celui du moule dans lequel avait été fabriqué le verre. Voilà de quoi fendiller le mythe. Car le gobelet Duralex, c’est un socle commun à des millions de Français, une tour Eiffel de la table, un objet présent dans un coin de toutes les mémoires.

Sa vertu reconnue est son étonnante solidité. Ce qui ne caractérise guère le verre en général. «Il y a une mythologie de l’objet de par sa forme simple et sa résistance, avance Jean-Luc Olivié, conservateur du centre du verre au musée des Arts décoratifs, à Paris. Il était réputé incassable.» «Duralex» contient à la fois l’idée de son inusabilité et une allusion malicieuse à une citation latine : Dura lex sed lex (la loi est dure, mais c’est la loi). Des foyers se sont équipés en vaisselle Duralex car elle ne s’ébréchait pas dans le lave-vaisselle familial. Les économes des écoles ont passé commande de milliers d’unités en sachant que la casse serait limitée. La publicité incitait même à l’éprouver. «Quatre essais incroyables : utilisez-le comme un marteau, laissez-le tomber, tapez dessus, faites-le passer de la

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