Si, comme l’auteur de ces lignes, vous avez désactivé toutes vos notifications, mais que vous ouvrez Instagram sans même vous en rendre compte aux moments les plus inopinés, vous êtes au bon endroit. La «crise de l’attention» provoquée par un nombre trop important d’écrans diffusant des «contenus» à l’infini n’en finit pas d’inquiéter les scientifiques et les enseignants qui constatent, en première ligne, les difficultés des plus jeunes à rester concentrés à l’école. Et ils ne sont pas les seuls à être distraits. Les «seniors» sont aussi possédés par leur smartphone, ou vous-même peut-être qui tentez de lire cet article, mais venez de recevoir un gif rigolo.
Que faire avant d’avoir le cerveau définitivement grillé ? Apolline Guillot a la solution. Ou plutôt, comme elle est philosophe, en plus d’être journaliste à Philonomist, elle nous propose de prendre le problème autrement. Dans Hors de soi. Déjouer la tyrannie de l’attention (Philosophie Magazine éditeur, parution le 23 janvier), elle se demande ce que cache notre obsession à l’idée de rester concentrés à tout prix. Pourquoi et comment la dispersion est-elle devenue un problème moral à combattre ?
Si nos initiatives individuelles pour reprendre le contrôle échouent toutes plus ou moins, apportant leur lot de culpabilité, Guillot propose de changer de regard sur nos éparpillements. Après une période de «bug», la philosophe a décidé de mener une expérience sociale en s’isolant dans la maison de son père




