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Interview

Cécile Coquet-Mokoko : «Aux Etats-Unis, les mariages mixtes restent tabous car ils sont frappés d’immoralité»

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La professeure de civilisation américaine a suivi pendant plusieurs années 40 couples interraciaux en Alabama et en France. Dans un livre, elle met en lumière les différents obstacles qu’affrontent ces unions amoureuses de part et d’autre de l’Atlantique.

(Vincent NGUYEN/Riva-Press pour Libération)
Publié le 15/02/2021 à 5h23

Du deep south américain aux vallées tourangelles, les couples mixtes noir-blanc subissent des pressions de leurs proches et de la société, pour décourager leurs unions. Cécile Coquet-Mokoko a suivi 40 de ces couples : 20 en Alabama, aux Etats-Unis et 20 autour de Tours et de Paris, en France, de 2009 à 2017. Enseignante-chercheuse en civilisation américaine, elle s’intéresse à la façon dont ces relations sont nées et les difficultés qu’ils rencontrent. Afin de décentrer son regard des Etats-Unis, elle décide de faire une étude comparative avec la situation française. Dans son livre Love Under the Skin, Interracial Marriages in the American South and France (non traduit), paru en mai 2020, elle raconte que les pressions auxquelles ces couples interraciaux font face sont très différentes entre les deux pays. Alors que quelques unions noir-blanc sont portées sur le devant de la scène (Serena Williams et son mari Alexis Ohanian, la nouvelle vice-présidente, Kamala Harris, et Doug Emhoff), elles restent ultra-minoritaires dans la société américaine : moins de 1 % des mariages hétérosexuels selon le recensement de 2010. Dans l’Hexagone, de telles statistiques ethniques étant interdites, on ne connaît pas précisément la part de ces couples, mais selon la professeure, les jeunes couples Français s’interdisent moins d’avoir des rel

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