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Coupe du monde de football 2026 : pourquoi l’appel au boycott n’a aucun sens

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Il y a quatre ans, l’arme du boycott contre le Mondial au Qatar consistait à dénoncer l’absence de droits fondamentaux dans le pays du Moyen-Orient. Aujourd’hui, le fait d’être en désaccord avec la politique, certes détestable, de Donald Trump, ne suffit pas à s’insurger contre la compétition, estime l’économiste Pierre Rondeau.

Le Mondial 2026 se tiendra du 11 au 10 juillet, à la fois au Canada, aux Etats-Unis et au Mexique. (Patrick T. Fallon/AFP)
Par
Pierre Rondeau
professeur d'économie à Sports Management School, spécialiste de l'économie du sport et de l'économie du football
Publié le 02/02/2026 à 16h11

Il y a maintenant quatre ans, je m’étais ouvertement positionné pour un boycott de la Coupe du monde de football, au Qatar, dénonçant les manquements évidents du petit pays du Golfe concernant les Droits de l’homme, les droits des travailleurs, les droits de l’environnement et les droits LGBT. Des stades avaient été construits sur des cimetières, où plus de 5 000 ouvriers avaient perdu la vie, avec de la climatisation à ciel ouvert, sur une compétition qui interdisait tout symbole arc-en-ciel et organisait les déplacements des spectateurs en avion, avec un bilan carbone catastrophique.

Incontestablement, il était clair qu’il fallait s’offusquer, qu’il fallait profiter de la lumière du football pour s’insurger contre ce mondial et refuser de lui accorder le moindre crédit. Le Qatar ne pouvait pas, et ne devait pas, s’acheter une réputation à coups de centaines de millions de dollars, et se payer une publicité en mondovision.

Et donc, quatre ans plus tard, le militantisme citoyen refait surface avec la prochaine Coupe du monde de football, cette fois-ci organisée conjointement aux Etats-Unis, au Mexique e

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