A mesure que l’avenir advient, les utopies les plus angoissantes et les plus glauques commencent à se matérialiser sous nos yeux. L’écrivain russe Dmitry Glukhvosky, maître du thriller technologique et de la science-fiction dystopique, livre l’Avant-poste (qui sort ce jeudi 5 février chez Robert Laffont), un roman horrifique sur les ravages du mensonge et de l’oubli, dans un monde plongé dans un brouillard toxique, après une guerre civile destructrice. Devenu célèbre grâce à sa trilogie Metro (le Livre de poche, 2017), l’ancien journaliste, observateur perspicace des arcanes de la politique russe et internationale, raisonne sur les ressorts de la propagation du virus de la propagande.
Comment et quand vous est venue l’idée d’écrire cette dystopie sur le pouvoir destructeur des mots ?
En 2014, avec l’annexion de la Crimée et la première occupation du Donbass, du jour au lendemain, tous les médias russes, qui étaient des porte-voix loyaux envers le pouvoir et qui imitaient l’impartialité, se sont alors transformés en outils de propagande décomplexée pour justifier, vingt-quatre heures sur vingt-quatre, l’injustifiable. Il a f




