A Donald Trump qui avait exprimé en 2016 le désir de conserver son poste de producteur délégué de l’émission de télé-réalité The Celebrity Apprentice tout en étant président des Etats-Unis, Newt Gingrich, un vieux routard de la politique républicaine, ancien président de la Chambre des représentants (1995-1999) qui avait encouragé Trump à se lancer dans la course présidentielle, se chargea d’expliquer : «Pourquoi rester producteur d’une émission de télé-réalité quand on s’apprête à diriger les Etats-Unis […] ? Trump va être le producteur délégué de quelque chose qui s’appelle «le gouvernement des Etats-Unis». Il aura la responsabilité d’un immense show télévisé intitulé «Diriger le monde.»»
L’anecdote n’a guère laissé de traces dans les mémoires, elle éclaire pourtant rétrospectivement la forme qu’a pris l’exercice du pouvoir par Donald Trump depuis sa réélection.
Si la saison 1 de ce show n’en donna qu’une image brouillonne, et peu convaincante en particulier pendant l’épidémie de Covid-19, où sa gestion de la crise sanitaire est apparue irresponsable au regard du million de morts causées par l’épidémie, la saison 2 à laquelle nous assistons depuis un an a démontré sa redoutable efficacité.
A lire aussi
Avec Trump 2, le pouvoir cesse d’être écrit et mis en scène selon les lois du storytelling – story, séquence, timing - pour adopter ceux de la télé-réalité : une suite de chocs incohérents, des postures grotesques, des retournements spectaculaires. Le show «Diriger le monde» e




