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Libération
L'édito d'Hamdam Mostafavi

13 Novembre, la vie après la survie

Dix ans après les attentats qui ont touché Paris en 2015, la République est chahutée, morcelée, attaquée, mais elle est là.

A Paris, le 14 novembre 2015, devant le bar le Carillon. (Edouard caupeil/Libération)
Publié le 12/11/2025 à 20h53

Face à l’horreur du 13 novembre 2015, la France a connu quelques semaines d’unité nationale. La meilleure des réponses à ces terroristes qui avaient voulu «tuer le bonheur», comme l’écrivait alors Libération. Cette unité s’est fracturée quelques semaines plus tard sur la question de la déchéance de nationalité pour les terroristes. Une erreur de calcul politique de François Hollande qui pensait ainsi prolonger l’union du moment, mais qui aura agi comme révélateur des divisions.

Combien des fractures d’alors se sont refermées ? Le 13 novembre 2015, la France découvrait avec effroi que des jeunes gens élevés sur son sol pouvaient être hermétiques aux valeurs de la République et prôner le jihad. Avons-nous vraiment réussi à transmettre l’idéal laïque et républicain ? Depuis, il y a eu les assassinats de Samuel Paty et Dominique Bernard, tués parce que profs. Dans le sillage de cette funeste année 2015, s’en sont suivies une montée de l’islamophobie, certains à droite et à l’extrême droite s’empressant de faire des amalgames, ainsi qu’une montée de l’antisémitisme. Les attentats de 2015 ont montré de la façon la plus tragique comment ce qui se passait au Moyen-Orient touchait nos sociétés. Et cette région du monde continue de nous hanter.

Mais le 13 Novembre, ce sont surtout des visages fauchés trop tôt. Et des survivants marqués à vie. Nous avons voulu leur donner la parole, pour évoquer la reconstruction, cet après forcément douloureux, mais où de la souffrance naît aussi une ode à la vie. Aujourd’hui, la République est chahutée, morcelée, attaquée, mais elle est là. Le monde a changé et nous aussi. L’Etat islamique n’étend plus sa terreur sur tout le Moyen-Orient et notre capacité à faire face à la menace jihadiste s’est améliorée. Ce 13 Novembre aura certes fait basculer toute une génération dans l’horreur. Mais dix ans après, ce que nous n’avons pas perdu, c’est notre capacité à être vivant. A être insouciants, être parisiens, être en terrasse.

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