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Libération
L'édito de Paul Quinio

Affaire Epstein : Jack Lang, la chute d’un inamovible

L’ancien ministre de la Culture a démissionné de l’Institut du monde arabe, samedi 7 février. Il est la première personnalité française à tomber pour ses liens avec le milliardaire américain pédocriminel.

Jack Lang en janvier 2024. (Thomas Samson/AFP)
Publié le 08/02/2026 à 20h39

L’affaire Epstein aura donc eu plus rapidement que prévu une première conséquence en France. Et elle n’est pas mince : la démission de Jack Lang de la présidence de l’Institut du monde arabe (IMA). L’ancien ministre de François Mitterrand occupait cette fonction depuis treize ans. Il a surtout une place à part dans le paysage politique français depuis le début des années 80 et l’arrivée de la gauche au pouvoir.

Fidèle de l’ancien président socialiste, la figure de Jack Lang résume cette époque révolue des «éléphants». Mais il est beaucoup plus que ça. En forçant à peine le trait, le visage de Jack Lang incarne la culture made in France, entre élitisme assumé et culture pour tous. Voilà plus de quarante ans qu’il marche tel un équilibriste sur ce fil tendu entre les voies impénétrables de l’art contemporain et le plaisir populaire de la Fête de la musique. Adulé par les uns, détesté par les autres, mais considéré par tous, avec le temps, comme un monument indéboulonnable. Le monument est tombé ce week-end, lâché par l’Elysée dans la foulée des révélations sur ses relations amicales, familiales et d’affaires entretenues bien après la condamnation de Jeffrey Epstein dans une affaire de prostitution de mineures. Combien de personnalités, françaises ou étrangères, tomberont à cause des Epstein files ? Il est évidemment impossible de le dire, mais la liste pourrait être longue. Hier, outre-Manche, après Peter Mandelson, ex-ambassadeur du Royaume-Uni à Washington, c’est le chef de cabinet du Premier ministre Keir Starmer qui a dû démissionner.

Ces révélations façon «face émergée de l’iceberg», pour importantes qu’elles sont, ne doivent pas occulter deux choses. D’abord que le président américain Donald Trump lui-même est un des «éléphants» internationaux au cœur de l’affaire Epstein. Enfin, si ces têtes puissantes qui tombent ou vont tomber méritent attention, d’autres visages sont au cœur du scandale : ceux des jeunes femmes, parfois des jeunes filles, qui sont les vraies victimes du système de prédation sexuelle mis en place par Jeffrey Epstein.

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