Succession, voici l’enquête de la saison 2. Rappel des épisodes précédents : sur la base d’une marque vieillotte de valises, Bernard Arnault a réussi à bâtir, par nombre d’acquisitions, un groupe industriel colossal, dont les revenus se comptent en dizaines de milliards d’euros et dont l’influence politique, culturelle, médiatique et sociale dépasse de très loin les frontières de l’Hexagone.
Seulement voilà, le fondateur de LVMH a 76 ans et cinq enfants ; la question de sa succession s’est ouverte d’une manière brutale et totalement inattendue quand Libération a révélé, le 25 septembre, les déchirements familiaux autour de la vente d’un des nombreux actifs du groupe, le journal le Parisien. Depuis, la presse américaine se déchaîne autour de l’identité possible du successeur. Car si en France, le fils Antoine Arnault est apprécié pour son approche policée, le fils Frédéric Arnault est la coqueluche des Américains, avec son style plus direct et les chamboulements qu’il provoque. Et que dire du gendre, Xavier Niel, qui a l’air d’attendre bien patiemment que tout ça se tasse.
Enquête
Comme les kremlinologues analysaient l’ordre d’apparition des membres du parti autour de Brejnev, les journalistes spécialisés mesurent les faveurs accordées par Arnault père à chacun des candidats. Mais ce n’est plus nécessaire, comme Antoine Arnault, Hélène Mercier-Arnault et bien d’autres encore se confient aujourd’hui à Libération – probablement le journal le plus neutre sur la question de cette succession.
Notre nouvelle enquête contient de nombreuses révélations sur le crash-test darwinien imposé par le père ; mais elle questionne aussi la manière très publique dont se déroule ce processus. Cette divulgation peut être liée à la culture du secret qui entoure souvent LVMH, avec un phénomène de retour du refoulé bien connu des psychanalystes : le non-dit génère le conflit et on finit par déclencher la confrontation devant laquelle on essayait de se dérober. Encore un sujet dont Libé est un grand spécialiste.




