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Libération
L'édito de Hamdam Mostafavi

Après la fast-fashion, la fast-déco, cet autre fléau

Comme la mode éphémère, la production d’objets de décoration à la chaîne et à bas coût doit nous questionner et être régulé.

Calquée sur le modèle économique de la fast-fashion avec un renouvellement rapide des collections, des prix attractifs, des coûts de production réduits et des produits désirables, la fast déco a envahi nos intérieurs. (Saga/Libération)
Publié le 17/12/2025 à 21h30

Avez-vous cédé à la tentation d’une décoration tendance ce Noël, couleur bleu profond, rose poudré et argent ? Ou ressorti de la cave les mêmes guirlandes que l’an dernier ? Même si, par conscience écologique ou souci budgétaire, certains Français font aujourd’hui attention aux achats «superflus», nombreux sont ceux qui cèdent à l’attrait d’un objet acheté vite fait : coussin, bougie, cadre et autres fioritures… Les enseignes de fast-déco se portent très bien, comme en témoigne notre enquête, au point de devenir un véritable fléau.

On leur doit une double facture écologique, celle de la production de masse et celle de l’accumulation des déchets, et un impact économique, notamment sur le plan social. Les enseignes traditionnelles d’ameublement ne peuvent plus faire face aux prix ultracompétitifs des objets de piètre qualité qui affluent d’Asie. En plus de cette vente en ligne, les enseignes de fast-déco, qui se recoupent parfois avec celles de la fast-fashion, ont pignon sur rue. Elles ont explosé depuis la pandémie de Covid et le phénomène a été amplifié par les réseaux sociaux : nos intérieurs, de plus en plus exposés, se doivent d’être «instagrammables». Les influenceurs déco font recette, ils proposent de refaire son intérieur comme on refait sa garde-robe, à chaque saison. Alors que faire face aux pratiques peu régulées des fabricants ? Le scandale du fabricant Shein a montré les difficultés à encadrer le secteur, malgré la loi votée au printemps. La taxe sur les petits colis, qui entrera en vigueur à l’été prochain, réussira-t-elle à enrayer la folie consumériste de babioles en ligne ? De l’ordre de 3 à 5 euros, elle vise à dissuader les acheteurs de l’Union européenne de se ruer sur les produits à bas prix promus par les sites asiatiques. Mais elle ne résoudra pas le problème de fond, celui de la fabrication de masse à bas coût.

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