On ne sent pas encore l’effet de masse mais c’est peut-être le début d’un vrai mouvement de résistance à Donald Trump et à ses affidés. Après le meurtre de Renee Good, celui d’Alex Pretti à Minneapolis par les nervis d’ICE a agi comme un déclencheur. Il est intervenu après une séquence désastreuse pour le président américain entre son projet d’annexion du Groenland, sa proximité avec Vladimir Poutine, son discours décousu et calamiteux à Davos, ses injures lancées aux alliés européens devenus ennemis, ses menaces sur les droits de douane puis son rétropédalage… bref, trop c’est trop.
Pour beaucoup, ce ne sont plus seulement les valeurs des Etats-Unis qui sont foulées aux pieds par son président mais le rêve américain qui se dissipe à vitesse grand V dans le monde entier. Un rêve qui attirait jusqu’alors nombre de touristes séduits par la magie de New York, de San Francisco ou du grand canyon. A cet égard 2025 a marqué un dur retour au réel : le nombre de visiteurs étrangers aux Etats-Unis a baissé de 6 % en 2025, et 2026 ne s’annonce pas mieux. Dans le seul cas de la France, les réservations pour l’été prochain sont en chute libre et la violence de Trump y est pour beaucoup.
Les touristes ne sont pas les seuls à fuir un pays multipliant les atteintes contre l’Etat de droit, la science et tout simplement la liberté. Artistes et sportifs commencent à dire stop et les festivals, concerts ou compétitions apparaissent comme une formidable caisse de résonance. On se souvient des déclarations virulentes contre Trump de l’acteur Mark Ruffalo aux Golden Globes. On revoit les larmes de Natalie Portman au festival de Sundance, qualifiant d’«obscène» la situation du pays. On ressent la colère du compositeur Philip Glass annulant sa prestation dans un Kennedy center rebaptisé Trump-Kennedy Center. On entend la star française du basket Victor Wembanyama dire son inquiétude de vivre en tant qu’étranger aux Etats-Unis et les rumeurs de boycott sur la prochaine coupe du monde de football coorganisée par les Etats-Unis… Le pays, très clairement, vacille, et nous ne sommes qu’à quelques mois des midterms.




