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Libération
L'édito d'Alexandra Schwartzbrod

Attaque du Hamas en Israël : le monde entraîné dans la spirale du pire

Otages en danger, Benyamin Nétanyahou affaibli, pays arabes en première ligne… L’attaque terroriste de samedi 7 octobre laisse craindre une escalade dangereuse au Moyen-Orient et au-delà.

Après un bombardement à Jabalya dans la bande de Gaza, ce lundi 9 octobre. (Mohammed Abed/AFP)
Publié le 09/10/2023 à 21h15

C’est un terrible engrenage qui est en train de s’enclencher au Moyen-Orient et personne ne peut en prédire l’issue. L’attaque terroriste du Hamas sur Israël, car c’est bien d’une attaque terroriste dont il s’agit et il faut la condamner sans réserve, a plongé dans l’horreur l’Etat hébreu qui enterre ses plus de 800 morts et pleure ses otages qu’il sait menacés à chaque seconde, surtout depuis les menaces d’exécution lancées lundi 9 octobre au soir par le Hamas. Mais elle plonge aussi dans l’horreur les Palestiniens de Gaza, qui ne sont pas tous des soutiens du Hamas : plus de 600 ont déjà été tués et beaucoup encore risquent de mourir sous les bombes, ou même de faim vu qu’Israël a décrété un siège total de ce qui est déjà une prison à ciel ouvert. Si l’on en croit le nombre de réservistes rappelés du monde entier par Tsahal, on voit bien que Benyamin Nétanyahou se prépare à un siège long de l’enclave. Tout en essayant de sécuriser le front nord, à la frontière libanaise, menacé par le Hezbollah. Et aussi la Cisjordanie où des confrontations entre colons et Palestiniens pourraient achever d’embraser la région.

Voilà donc le monde une nouvelle fois entraîné dans la spirale du pire. Sauf que, contrairement aux confrontations précédentes, de nouveaux éléments compliquent la donne. D’abord le Hamas détient de nombreux otages israéliens que Tsahal entend récupérer à n’importe quel prix. Ensuite le Premier ministre israélien, qui a préféré se concentrer ces derniers mois sur son maintien au pouvoir plutôt que sur l’avenir d’Israël et des territoires palestiniens, est considérablement affaibli, au niveau national comme international. Personne n’a envie de l’aider et pourtant personne ne peut lâcher Israël. Le président américain a eu cette année des mots très durs pour Benyamin Nétanyahou mais il n’a pas hésité une seconde à envoyer des armes et un porte-avions en Méditerranée en signe de soutien.

Enfin, les pays arabes sont en première ligne : le sort des Palestiniens ne les a malheureusement jamais intéressés, au point que l’Arabie Saoudite était prête à les passer par pertes et profits afin de pouvoir se rapprocher d’Israël, mais la guerre en cours, attisée par ce grand soutien du Hamas qu’est l’Iran, va changer la donne. Dans ce conflit, qui devient global, chaque mot, chaque mouvement compte, espérons que tous en aient pleinement conscience.

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