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Libération
L'édito de Paul Quinio

Budget de la Sécurité sociale : Lecornu joue sa carte vitale, les Français attendent

Les députés doivent, mardi 9 décembre, voter le projet de loi de financement de la Sécurité sociale. Alors, ça passe ? Mystère. Une incertitude paradoxalement liée aux divisions du socle commun présidentiel.

Le Premier ministre, Sébastien Lecornu, lors des questions au gouvernement, le 12 novembre 2025 à Paris. (Albert Facelly/Libération)
ParPaul Quinio
directeur délégué de la rédaction
Publié le 08/12/2025 à 21h13

C’était donc une illusion. Voilà des semaines et des semaines que les Français pouvaient se dire que, finalement, vivre dans un pays où la politique a quasi disparu était possible. Voire plaisant. Voilà des semaines et des semaines qu’ils n’entendaient plus parler de rien, ou presque. Une annonce sur le retour du service militaire par ci, un rapport alarmant de la Cour des comptes sur l’état de la dette par là, et tout va bien.

La réalité est évidemment que tout ne va pas bien : la liste des sujets dont il aurait été préférable que les Français entendent parler depuis des semaines et des semaines est longue comme le bras. Ils la connaissent d’ailleurs par cœur. Ils ne se sont donc pas bercés d’illusions, mais juste armés de patience, convaincus qu’enjamber les deux haies budgétaires – le projet de loi de finances et le projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) – était un préalable. Sans quoi ils n’entendraient parler de rien, le brouhaha politique prenant le dessus sur tous les sujets qui les préoccupent au quotidien.

Paradoxe

Matures, ils ont donc laissé le Premier ministre, Sébastien Lecornu, essayer de franchir ses haies. Nous y voilà : les députés doivent, ce jour, voter sur le PLFSS. Alors, ça passe ? Mystère et boules de gomme. Les spécialistes de la spécialité parlementaire se risquaient à peine, lundi, à pronostiquer un vote en faveur du budget de la Sécu à moins de dix voix près. A moins que ce ne soit contre.

Le paradoxe est que cette incertitude est essentiellement liée aux divisions de ce qu’il reste du socle commun présidentiel. Avec un ami comme Edouard Philippe, Sébastien Lecornu, mais surtout Emmanuel Macron, n’ont pas besoin d’ennemis. Les socialistes, eux, ont confirmé lundi, après avoir engrangé quelques gains (suspension de la réforme des retraites, abandon du doublement des franchises médicales, hausse de la CSG sur les revenus du capital), qu’ils entendaient les soupirs des Français face au risque d’impasse. Le paradoxe dans le paradoxe est que si jamais cette première haie de la Sécurité sociale devait finalement être franchie, la seconde, sur le budget cette fois, s’annonce plus ardue encore.

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