L’alerte donnée à Paris ces derniers mois, souvent par des parents très mobilisés, a mis en lumière un impensé du temps des enfants : le périscolaire. Des heures passées à l’école, dans un entre-deux, avant la classe, après la classe, au moment du déjeuner. En début d’année, les professeurs des écoles primaires ne manquent pas de rappeler aux parents novices ou peu renseignés sur le fonctionnement : le périscolaire, ce n’est pas nous qui nous en chargeons !
Au sein des établissements, deux mondes cohabitent donc : celui encadré, régulé du scolaire ; celui, plus flou, moins réglementé, laissé à la charge des collectivités locales, du périscolaire. Il faut dire l’ampleur du travail qu’accomplissent ces animateurs, dans des conditions de travail difficiles, des professions pas reconnues et mal payées, comme souvent dans l’enfance et la petite enfance, avec des horaires qui rendent peu compatibles la pratique d’une autre activité. La grande majorité d’entre eux font leur maximum. Mais le manque d’encadrement et de moyens alloués à ces temps offre aussi un terrain propice aux dérives.
Dans l’entretien exclusif qu’elle a accordé à Libération, Lisa-Lou Wipf, cheffe du parquet des mineurs de Paris, souligne l’augmentation très significative des signalements pour violences sexuelles, un avertissement à ne pas prendre à la légère. Si à Paris, ces affaires font grand bruit, elles ne sont pas isolées sur le territoire. Les cas de violences sexuelles restent heureusement plus rares que ceux, protéiformes, de violences éducatives ordinaires. Notre enquête révèle à quel point des comportements maltraitants peuvent prospérer dans ces zones de flous. Une situation qui n’est pas une fatalité : la prise de conscience doit entraîner la mise en place de garde-fous à l’échelle nationale, pour que la sécurité et le bien-être des enfants soient assurés sur tous les temps.




