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L'édito de Hamdam Mostafavi

Crues historiques en France : des eaux qui montent et des débats aussi

Les inondations qui mettent à l’épreuve les régions de l’Ouest depuis une semaine mettent en évidence les difficultés du pays à s’adapter aux dérèglements climatiques.

A Chalonnes-sur-Loire (Maine-et-Loire), mercredi. (Sebastien Salom-Gomis/AFP)
Publié le 19/02/2026 à 21h19

Plus fort, plus vite, plus haut… Ce n’est pas une devise olympique mais l’étendue des catastrophes climatiques qui nous touchent de plus en plus régulièrement. Des catastrophes dites «naturelles» mais qui le sont de moins en moins, quand on prend en compte le rôle de l’activité humaine dans le dérèglement climatique. Dans l’Ouest, touché par les crues depuis plusieurs jours, on sait pourtant vivre avec les aléas de la nature. Pourtant, comme le racontent nos journalistes dans la région, «Garonne» fait partie de leur vie, de leur quotidien, et ses humeurs aussi. C’est souvent le cas pour tous les habitants proches des rivières et fleuves.

Mais ce qui se produit ces derniers jours dépasse le connu et le prévisible. Les dégâts touchent davantage de monde, et certaines zones classées «inondables» apparaissent au bord de l’inhabitable. Ces crues «exceptionnelles» ne le sont plus. Des zones sinistrées, des pouvoirs publics contraints de gérer l’urgence, la débrouille des populations locales, la solidarité qui s’organise… C’est une réalité amenée à se reproduire souvent. Et la question lancinante, qui se pose à chaque aléa climatique – tempête, canicule, inondation… – demeure : sommes-nous prêts à faire face à la multiplication de ces événements ? Sommes-nous adaptés ? Pas vraiment, comme l’illustrent les débats sur l’impréparation face à ces crues, au manque d’entretiens des digues, aux zones pas assez protégées, au partage des responsabilités… Les assurances ont déjà répercuté en partie le risque sur les assurés, augmentant les tarifs en raison des déficits liés au régime des catastrophes naturelles. Et cela n’est pas près de s’arrêter : les projections du secteur prévoient un doublement des primes d’ici 2050 face au coût croissant des désastres climatiques. Mais il faudra aller plus loin : repenser les villes et les habitats face à cet exceptionnel qui ne l’est plus. Ce qui se joue dans l’ouest de la France aujourd’hui est sans doute une répétition générale du monde qui nous attend. Alors que le dérèglement climatique semble le grand oublié du moment, on se dit que le réveil sera brutal – et pas seulement sur les bords de «Garonne».

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