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Libération
L'édito de Paul Quinio

Emmanuel Macron et Donald Trump : duel à Davos

Les présidents français et américain ne se croiseront pas Suisse, mais le Forum économique mondial est devenu leur théâtre d’affrontement sur les questions du Groenland et des droits de douane. 

Emmanuel Macron à Davos, ce mardi 20 janvier. (Markus Schreiber/AP)
Publié le 20/01/2026 à 21h23

Une escalade sans fin dont on continue d’espérer, mais en y croyant de moins en moins, qu’elle ne se terminera pas forcément mal… Alors qu’il vient de clôturer la première année de son second mandat à la Maison Blanche, Donald Trump, juste avant d’arriver au sommet de Davos ce mercredi 21 janvier, a balancé une nouvelle bombe dans le champ déjà en ruines du multilatéralisme. Fâché tout orange après que le président français, Emmanuel Macron, a refusé de rejoindre son fumeux «Conseil de la paix», le président américain a annoncé vouloir taxer à 200 % le champagne et les vins français. Autrement dit d’envoyer valser l’accord conclu fin juillet avec les Européens sur les droits de douane.

Cet été, les Européens s’étaient en gros couchés devant les Etats-Unis. Ce mardi, Emmanuel Macron s’est fâché tout rouge en déclarant «refuser la loi du plus fort», préférant «le respect à la brutalité». Dans le viseur du chef de l’Etat français, l’oukase commercial de Trump, mais aussi bien sûr les menaces de plus en plus explicites des Etats-Unis sur le Groenland. La dernière trouvaille américaine étant d’avoir diffusé une photo générée par IA de Donald Trump, du vice-président, J.D. Vance, et du secrétaire d’Etat, Marco Rubio, plantant le drapeau US à côté d’une pancarte «Groenland, territoire américain».

Si la France a haussé le ton, elle ne fut pas seule. Au fil de la journée, le forum normalement économique mondial de Davos s’est transformé en chambre d’écho du nouveau désordre mondial. Une journée indéniable d’escalade. Le soulagement l’emportait presque en fin de journée à l’issue d’une conférence de presse improvisée de Donald Trump à la Maison Blanche, avant son départ pour Davos. Soulagement car les questions internationales ont été globalement laissées de côté. Mais soulagement en trompe-l’œil tant sa logorrhée sur son bilan au bout d’un an, en matière de lutte contre la criminalité, d’immigration, de lutte contre l’inflation, était insupportable. Soulagement en trompe-l’œil aussi car une question s’imposait à nous : l’escalade va-t-elle se poursuivre ce mercredi à Davos ?

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