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Libération
L'édito de Paul Quinio

Epidémie de grippe : le sens politique des files d’attente devant les pharmacies

Selon la ministre de la Santé, les Français seraient 20 % de plus que l’an dernier à la même période à s’être fait vacciner. Une nouvelle rassurante.

Un virus de la grippe de la famille des Orthomyxoviridae. (James Cavallini/BSIP. AFP)
Publié le 03/12/2025 à 20h51

Dans le jargon journalistique, on appelle ça un marronnier. Un sujet qui revient tous les ans. C’est le cas de la grippe, qui, comme le changement d’heure ou les premiers flocons qui menacent la circulation routière, arrive avec l’hiver. Oui, le marronnier n’a souvent pas bonne presse, sur l’air «du quoi de neuf docteur ?» Alors quoi de nouveau cette année du côté de la grippe, sinon qu’elle est un peu précoce, s’annonce d’après les spécialistes rude et pourrait s’inviter à l’apéro des agapes de fin d’année. Pas de quoi fouetter un chat ? En fait si, car la grippe est un marronnier qui a fait 17 600 morts en France l’an dernier, et envoyé 30 000 personnes dans des hôpitaux déjà surchargés. A l’échelle mondiale, un milliard d’individus sont plus ou moins touchés chaque année.

Inutile d’insister sur le coût économique caché des conséquences annuelles de cette épidémie. Il est réjouissant en revanche de souligner que la vaccination contre la grippe remporte cette année un succès plus que franc. Les Français seraient d’après la ministre de la Santé 20 % de plus que l’an dernier à la même période à s’être fait vacciner. Et alors que les pharmacies commencent à s’inquiéter, elle assure que pénurie de dose il n’y aura pas.

Pas de quoi là encore fouetter un chat ou grimper au rideau ? En fait si. Car les scientifiques que Libération est allé voir dans le temple lyonnais de la recherche contre les maladies respiratoires sont formels : pour contenir la maladie, il n’y a qu’une seule solution, la vaccination. C’est donc une bonne nouvelle de voir les Français, et notamment les plus vulnérables, adhérer aux recommandations des autorités de santé. Par ces temps où le complotisme et ses légions antivaccins sévissent ailleurs mais de plus en plus ici, les files d’attente en pharmacie pour se faire vacciner prennent un sens politique rassurant. Rien que pour ça, il était utile de secouer le marronnier.

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