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L'édito de Paul Quinio

François Ruffin candidat à la primaire de gauche, un chemin cahoteux

Le député de la Somme confirme officiellement dans «Libération» s’engager dans le processus de désignation d’un candidat ou d’une candidate de la gauche pour la présidentielle. Tout sauf une garantie d’union, alors que le procédé divise et que Jean-Luc Mélenchon et Raphaël Glucksmann ne veulent pas y participer.

François Ruffin à l'Assemblée nationale, le 23 janvier 2026. (Denis Allard/Libération)
Publié le 26/01/2026 à 21h40

Cela s’appelle battre le fer tant qu’il est chaud. Deux jours après que l’organisation d’une primaire pour désigner son candidat à la présidentielle a été actée à Tours par une partie de la gauche (Les Ecologistes, les anciens insoumis virés par Jean-Luc Mélenchon, Génération·s et une partie du PS, dont son premier secrétaire), François Ruffin a préféré ne pas attendre. Il annonce donc fissa, dans Libération et sur TF1, qu’il sera candidat.

Ce n’est pas une surprise. Le député de la Somme avait en mai, dans ces colonnes déjà, expliqué que ce processus de sélection était la seule manière de construire une union capable de porter un candidat de gauche au second tour en 2027. Et de battre l’extrême droite. François Ruffin s’appuie objectivement sur une demande des électeurs de gauche, favorables à l’union. En termes de ligne, il a le mérite de la cohérence : il assume depuis toujours un créneau radical, s’érige en défenseur de ceux qui ont permis au pays de tenir pendant le Covid (les enseignants, les soignants, les auxiliaires de vie, etc.) et a fini par prendre ses distances avec les dérives mélenchonistes. Il dégage une sincérité indiscutable. En ces temps de désamour de la politique, cela ne fait pas de mal.

Et pourtant… Dans son entretien à Libération, François Ruffin précise que «la primaire aura lieu», et qu’il ne reculera pas. Cette déclaration acte d’une certaine manière la fragilité du processus même de la primaire. Il est frappant de noter le peu d’écho enregistré ce week-end par l’annonce de sa tenue le 11 octobre. Certes, la politique française est depuis des mois sous l’éteignoir, mais quand même. Le problème n’est pas non plus que Jean-Luc Mélenchon n’y participera pas. Tout le monde l’a compris depuis longtemps. C’est même d’une certaine manière une condition, nécessaire mais pas suffisante, pour qu’elle puisse se tenir. Que François Ruffin laisse ouverte, dans son entretien à Libération, la participation de LFI est d’ailleurs étonnant.

Si des doutes persistent sur cette primaire, c’est surtout qu’elle a, dans ce spectre qui va de Ruffin à Glucksmann, autant de participants dedans que de détracteurs dehors. Pas évident pour trouver un élan quand les mêmes se sont divisés sur l’attitude à adopter lors de la discussion budgétaire…

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