Ce n’est plus un symbole. C’est un nez rouge au milieu du visage. En débauchant Rachida Dati, élue LR à la mairie de Paris, Emmanuel Macron et Gabriel Attal n’ont pas seulement coché l’indispensable case symbolique de tout remaniement qui se respecte : celui de faire un coup, en général un débauchage.
En allant chercher la tonitruante ancienne ministre de Nicolas Sarkozy, populaire dans l’opinion malgré ses soucis plus que sérieux avec la justice (elle est mise en examen pour, notamment, corruption passive), l’effet waouh recherché est incontestablement réussi. Il l’est d’autant plus que le ministère d’atterrissage, la Culture, est plus que surprenant. L’effet waouh durera le temps qu’il durera, peu de temps peut-on parier. Le nez rouge au milieu du visage en revanche, qui restera comme un marqueur de ce gouvernement, c’est l’ancrage à droite de la macronie qu’incarne Rachida Dati. Sa nouvelle consœur au gouvernement, Catherine Vautrin, venant surligner la «Sarko connection» à la manœuvre dans la formation de ce nouveau gouvernement.
Ces prises de guerre actent aussi que l’Elysée fait le pari de l’alliance avec la droite pour mener la future bataille de Paris. Outre ce nez rouge Dati, il faut noter que la «mère des batailles», comme dirait Gabriel Attal – ce fut son expression pour parler de l’éducation –, se mènera depuis le ministère des Sports d’Amélie Oudéa-Castera. On exagère, mais la symbolique d’une hiérarchie quasi inversée entre Sports et Education nationale inquiète quant à la priorité prétendument accordée à l’école. Le choix d’Amélie Oudéa-Castera risque de prendre les enseignants à revers. Enfin, le fait que l’ancienne sportive dirige ce super ministère (puisqu’elle sera aussi en charge des JO) est comme un arbre féminin qui cache une forêt gouvernementale qui compte deux fois plus d’hommes.




