Il n’avait fallu que 1 418 jours de combats pour que les soldats soviétiques fassent plier l’Allemagne nazie. Déclarant la guerre à l’Ukraine pour la «dénazifier», il aura fallu à Vladimir Poutine 1 461 jours pour patauger aujourd’hui à 60 kilomètres de son point de départ à Donetsk, son armée avançant «au même rythme qu’un escargot de jardin», selon la formule du secrétaire général de l’Otan, Mark Rutte. En quatre ans, selon les estimations occidentales, près de 2 millions de soldats sont morts de part et d’autre. Oleksandra Matviïtchouk, la lauréate ukrainienne du prix Nobel de la paix, nous rappelle dans un texte poignant envoyé à Libération que l’Ukraine «se trouve au cœur d’événements qui vont façonner l’avenir du monde».
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Notre envoyée spéciale qui a sillonné le pays raconte la lassitude des civils ukrainiens d’être maintenus dans les limbes, mais aussi leur détermination de ne pas céder. C’est bien ce qu’ont compris les leaders européens, qui contrairement aux espoirs du dictateur russe n’ont fait qu’augmenter leur aide à Kyiv. Quant à Donald Trump, ayant réduit massivement l’aide financière américaine à l’Ukraine, il est de plus en plus déterminé à laisser la situation pourrir. Le plan russe initial, remplacer le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, par un homme de paille, est aujourd’hui oublié. L’écroulement soudain de l’armée ukrainienne apparaît aujourd’hui tout aussi fantaisiste. Quatre ans après sa déclaration de guerre, Vladimir Poutine sait très bien que la seule issue au conflit est sa propre capitulation, qui ne viendra pas. Qui pourra arrêter une guerre où aucune victoire n’est possible et aucun compromis ne saurait être accepté ? Tenir, encore.




