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Libération
L'édito de Hamdam Mostafavi

Iran : après les massacres, la vie en suspens

Après le déchaînement de violence et dans l’attente d’une éventuelle intervention militaire américaine, les Iraniens oscillent entre l’effroi du passé récent et la crainte d’un avenir incertain.

A Téhéran le 27 janvier 2026. (Arash Khamooshi/Polaris. Starface)
Publié le 30/01/2026 à 21h17

«Eux seuls savent avec certitude», a répondu Donald Trump vendredi à la question d’une journaliste sur une deadline adressée au régime de Téhéran avant une éventuelle intervention militaire américaine. Chaque jour, Donald Trump fait méthodiquement monter la pression, tant rhétorique que militaire, sur les dirigeants iraniens. Symbole de ce couteau américain sous la gorge du régime : le USS Lincoln, stationné à quelques miles des côtes iraniennes. Et en effet, seuls les mollahs savent à quelles conditions ils sont prêts à céder aux injonctions de Washington. Un accord apparaît aujourd’hui comme la planche de salut du régime iranien, trois semaines après les massacres perpétrés contre les manifestants qui s’étaient soulevés contre le pouvoir. Alors que les autorités desserrent progressivement l’étau autour de l’accès à Internet dans le pays, et que les familles parviennent peu à peu à retrouver leurs morts, les Iraniens prennent la mesure des tueries des 8 et 9 janvier. Même le régime ne semble plus vraiment contester l’ampleur des massacres, se réfugiant derrière le narratif de «terroristes» et de «fauteurs de troubles».

Après ce déchaînement de violence et dans l’attente de la décision américaine, la vie en Iran oscille entre l’effroi du passé récent et la crainte d’un avenir incertain. Les Américains frapperont-ils ? Si oui, avec quelle ampleur ? Avec ou sans frappes, qu’est-ce qui peut encore réellement aider les Iraniens ? Un accord avec Donald Trump, notamment sur la question nucléaire, prolongerait la vie du régime. L’absence d’accord prolongerait la misère économique qui a poussé les Iraniens dans la rue. Dans les deux cas, le joug du pouvoir demeurerait intact. Au milieu de ces considérations, les aspirations à la liberté meurent sans rencontrer d’écho. Une fois encore désillusionnés et déçus, les Iraniens ne savent pas de quoi demain sera fait. L’Union européenne leur a néanmoins adressé un message jeudi en classant les Gardiens de la révolution, la milice du régime responsable des massacres, comme organisation terroriste : une petite main tendue.

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