Alerte à la bombe au siège parisien de LFI, menaces de mort contre certains candidats insoumis proférées ad nauseam sur les réseaux sociaux, dénonciation par le maire PS de Marseille d’appel au meurtre à l’égard de certains colistiers, permanence de candidats attaquées, meetings décalés… Le meurtre samedi à Lyon du militant d’extrême droite Quentin Deranque, passé à tabac après des affrontements avec des militants d’ultragauche – dont plusieurs sont en garde à vue depuis mardi soir –, n’a pas tardé à produire des effets dévastateurs sur la campagne des municipales.
A un mois du scrutin, le niveau de violence atteint laisse craindre le pire. Il devrait inciter l’ensemble des responsables politiques à un minimum de décence, les appels au calme lancés à la fois par la famille de la victime et le président de la République n’ayant manifestement pas été entendus. S’ils ont très vite condamné l’utilisation de la violence, participé à la minute de silence à l’Assemblée mardi, les responsables de LFI ont continué de s’enferrer dans leur soutien au mouvement la Jeune Garde.
A l’extrême droite, plusieurs responsables n’ont pas frôlé l’indécence, ils ont sauté à pieds joints dedans. Ainsi, Marion Maréchal Le Pen a-t-elle déclaré que «la violence d’extrême droite est dérisoire par rapport à la violence d’extrême gauche». C’est faux. Le ministre de l’Intérieur pourrait le confirmer. Jordan Bardella s’est lui livré, lors de sa conférence de presse, à une opération de manipulation, en prétendant notamment que le RN n’a plus aucun lien avec des groupuscules fascistes, identitaires, ultra-violents, racistes. C’est faux. Le président du RN s’est aussi livré à une opération de récupération politique en cherchant à profiter de la mort de Quentin Deranque pour accélérer le rapprochement de l’extrême droite avec la droite. Les jours et semaines qui viennent diront si le drame de Lyon va favoriser une bascule qui pèserait évidemment très lourd sur le scrutin présidentiel. Rien n’est sûr. Mais la faiblesse actuelle des Républicains laisse malheureusement penser que rien n’est exclu.




