Le terrible ultimatum lancé ce vendredi par Donald Trump à Volodymyr Zelensky sonnerait sans doute mieux en sicilien : le président ukrainien aurait jusqu’à jeudi prochain pour signer un «accord de paix» en 28 points, dont presque tous ont été concoctés par le Kremlin. Evoquant «l’un des moments les plus difficiles de l’histoire de notre pays», Zelensky s’est adressé à la nation moins de deux heures plus tard pour présenter le choix à faire : «La perte d’un partenaire clé ou la perte de sa dignité.»
Trump menace en effet de couper à Kyiv munitions, armes et renseignements vitaux pour sa survie s’il n’obtient pas ce qu’il demande. Et ce qu’il demande est simple à comprendre, puisque la moitié des articles de l’accord proposé touche à des plans de confiscation de territoires et de reconstruction immobilière dirigés par la Maison Blanche. Apparemment prise de court, l’Union européenne a appris par voie de presse qu’un des articles de l’accord lui retire de fait son seul outil possible de soutien financier à l’Ukraine, car les avoirs russes gelés par les sanctions seraient investis dans un fonds de secours pour l’Ukraine dont l’Amérique retirerait d’avance 50 %.
Friedrich Merz, Emmanuel Macron et Keir Starmer ont assuré Volodymyr Zelensky de «leur soutien total et inchangé sur le chemin vers une paix durable et juste», sans expliquer bien sûr en quoi consisterait un soutien validé par les 27 Etats membres de l’Union. Persuadés depuis des mois que Trump a lâché Vladimir Poutine, les leaders européens ont été brutalement réveillés ce vendredi et il est temps pour eux d’arrêter de rêver. «Si quelqu’un ne veut pas conclure un accord, je pense que cette personne ne restera pas longtemps dans les parages», avait déjà menacé le président américain en mars, quand il lorgnait les terres rares de l’Ukraine. On peut envoyer la bande-son du film le Parrain, même si les Corleone, eux, avaient un certain sens de l’honneur.




