L’histoire du Français Camilo Castro est édifiante. Son témoignage détaillé nous plonge au cœur de l’enfer des prisons vénézuéliennes. S’il a décidé de se confier à Libération, qui avait révélé sa détention, c’est aussi dans le but de montrer, au-delà de son histoire personnelle, le caractère dictatorial et le mépris pour la vie humaine du régime de Nicolás Maduro. Un système qui a mis au pas tout un peuple et qui utilise les détenus comme des moyens de pression sur leurs familles ou sur leurs Etats d’origine. Une véritable stratégie des otages. Un mois après la capture par les Etats-Unis de Nicolás Maduro, président enlevé de manière inédite et en violation totale du droit international, son récit nous rappelle aussi que, pour les Vénézuéliens, le départ de leur dirigeant est un soulagement. Sous intense pression américaine, le pouvoir vénézuélien se voit contraint de donner des gages de bonne volonté, comme la libération progressive – et très certainement pas assez rapide – des opposants. La fermeture annoncée de l’Hélicoïde, prison politique emblématique de Caracas, représente un symbole digne de la prise de la Bastille en France, tout comme l’annonce d’une amnistie générale des détenus d’opinion : une première étape nécessaire pour panser les plaies d’un pays abîmé par la dictature. Mais malgré ces bonnes nouvelles pour tout ceux broyés par la machine carcérale, il n’est pas possible de faire totalement abstraction du contexte. Comme l’a avancé Jeff Merkley, un élu démocrate aux Etats-Unis : «Il y avait un dictateur qu’on n’aimait pas. Nous l’avons remplacé par un dictateur qu’on pense pouvoir manipuler.» Le pays reste dirigé par les membres du régime, dont la présidente Delcy Rodríguez, et se retrouve entièrement placé sous tutelle. Le secrétaire d’Etat américain Marco Rubio s’est félicité devant les sénateurs, avec un paternalisme assumé, de la vassalisation du pays, qui n’a plus la main sur ses finances et se trouve en position d’être pillé de son pétrole au profit de la grande puissance. Un précédent dangereux que les Etats-Unis de Donald Trump semblent vouloir reproduire à Cuba, voire en Iran. Ce dont les Vénézuéliens ont vraiment besoin aujourd’hui, c’est d’un chemin vers une transition démocratique qui leur redonne le pouvoir sur leurs ressources.
L'édito de Hamdam Mostafavi
Prisonniers politiques : au Venezuela, les plaies encore vives du régime Maduro
Edifiant, le témoignage de l’ex-otage français Camilo Castro dans «Libération» illustre l’enfer des geôles vénézuéliennes. L’annonce de l’amnistie générale des détenus d’opinion est une première étape nécessaire dans un pays abîmé par la dictature.
Nicolás Maduro à Caracas, le 28 août. (Zurimar Campos /AFP)
Publié aujourd'hui à 20h40
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