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L'édito d'Alexandra Schwartzbrod

Rachida Dati et Emmanuel Macron : je t’aide, moi non plus

Jouant de son personnage de dézingueuse tous azimuts, la ministre de la Culture a retrouvé, grâce au Président, une place au gouvernement après plusieurs années à voguer entre Bruxelles et le VIIe arrondissement de Paris. Deux fonctions bien en deçà de ses ambitions.

Emmanuel Macron et Rachida Dati à Paris, le 14 juillet 2024. (Albert Facelly/Libération)
Publié le 13/02/2026 à 20h42

L’ambition a toujours été un excellent moteur, à condition qu’elle ne pousse pas à flanquer l’autre dans les orties. Rachida Dati, elle, n’a aucun état d’âme. Sa soif de pouvoir et de lumière est inextinguible et elle est prête à tout pour l’assouvir. Jouant de son personnage de dézingueuse tous azimuts qui continue malheureusement à faire rire celles et ceux qui n’en sont pas la cible. Du moins pas encore.

Car, avec elle, tout est possible, l’ami d’aujourd’hui peut devenir l’ennemi de demain, certain(e) s en ont fait l’amère expérience. Emmanuel Macron reste pour l’instant un ami. Il peut encore lui être utile. C’est grâce à lui qu’elle a retrouvé une place au gouvernement après plusieurs années à voguer entre Bruxelles en tant que députée européenne et le VIIe arrondissement de Paris dont elle est maire. Deux fonctions bien en deçà de ses ambitions. Elle, elle veut Paris, et peut-être même la France tant qu’elle y est. Elle avance à la Trump, assénant des contre-vérités, torpillant ses opposants sans retenir ses coups, utilisant sa vie privée pour faire pleurer et amadouer, dans le déni total des affaires judiciaires qui lui collent aux basques.

Le chef de l’Etat a tout accepté de Rachida Dati, et notamment qu’elle se présente à Paris sous l’étiquette de LR contre son propre parti qui a investi Pierre-Yves Bournazel. Elle les fait rire, lui et Brigitte Macron, sorte de bouffon du roi mâtinée de Machiavel. Et il se retrouve dans son côté antisystème. Pourtant elle n’assume pas grand-chose. Ministre de tutelle du Louvre, elle aurait dû endosser la responsabilité des multiples ratés que connaît depuis quelques semaines ce musée à la réputation mondiale, elle n’en a rien fait. Ministre de tutelle de l’audiovisuel public, elle aurait dû protéger celui-ci face à tous ceux qui veulent le mettre sous leur coupe, elle l’a au contraire offert en pâture à la sphère Bolloré. Ce genre de personnage fonctionne jusqu’à ce qu’il trébuche. Après, c’est l’hallali, car ses nombreux ennemis n’attendent que ça.

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