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Libération
L'édito d'Alexandra Schwartzbrod

Rapport de l’Anses sur la cigarette électronique : vapoter n’est pas anodin

Souvent considérée comme une alternative idéale à la cigarette, la vape n’est pas sans risque pour la santé, comme le rappelle l’Agence nationale de sécurité sanitaire dans sa première analyse d’ampleur sur le sujet, publiée mercredi 4 février.

La vape peut être considérée comme l’alternative idéale à la cigarette. (Toshiro Shimada/Getty Images)
Publié aujourd'hui à 1h28

Vapoter est-il sans danger pour la santé ? La question divise la société et les milieux médicaux depuis des années. Et il y a de quoi. La vape a été pensée et développée pour servir de substitut à la cigarette dont les effets néfastes pour la santé ne sont plus à démontrer, le lien entre tabac et cancer étant clairement avéré. Le marché de la cigarette électronique a donc pris comme une trainée de poudre, les industriels repérant le filon et les consommateurs voyant là un moyen indolore de se désaccoutumer du tabac. De fait, la vape peut être considérée comme l’alternative idéale à la cigarette : la gestuelle est la même – les fumeurs ou ex-fumeurs savent à quel point c’est important –, elle permet de surmonter le «craving», ce besoin irrépressible de fumer quand vous êtes accro, et sa nocivité est bien moindre.

C’est peu ou prou ce que confirme l’étude que publie ce mercredi 4 février l’Anses sur les conséquences du vapotage pour le consommateur. Certes, note l’agence, vapoter peut clairement entraîner des risques pour la santé, certaines substances chimiques utilisées pouvant s’avérer dangereuses. Mais vapoter reste un outil efficace pour arrêter de fumer, voire un substitut bien moins nocif que le tabac, notamment pour les jeunes. Faut-il pour autant l’encourager ? Rien n’est moins sûr. L’Agence nationale de sécurité sanitaire reste très prudente et n’écarte pas les dangers possibles pour la santé.

Les fabricants, par ailleurs, ne cessent de sophistiquer les vapoteuses, les transformant en produits très attractifs et ludiques, aptes à séduire un public avide de nouveautés. On se souvient du scandale des cigarettes électroniques jetables ciblant les jeunes et vite interdites. On ne sait pas jusqu’où peut nous entraîner le cynisme des industriels du secteur prêts à tout pour garder, voire développer un marché ultra-porteur. La vape, c’est clair, sera toujours moins nocive que la cigarette. Mais, à part l’oxygène, rien de ce que nous inhalons n’est sans risque.

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