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Libération
L'édito de Dov Alfon

Sam Altman, l’insaisissable créateur de ChatGPT

A la tête du géant de l’intelligence artificielle OpenAI, le très influent Américain est aussi un génie imprévisible au parcours sinueux.

Sam Altman au Sénat des Etats-Unis pour une audition sur l'intelligence artificielle, le 8 mai 2025. (Brendan Smialowski/AFP)
Publié le 23/01/2026 à 20h15

Kristalina Georgieva, la directrice générale du FMI, n’a pas mâché ses mots ce vendredi soir 23 janvier à Davos, alertant son auditoire que dans les économies occidentales, 60 % des emplois seront bientôt touchés par l’intelligence artificielle : «L’IA est comme un tsunami qui déferle sur le marché du travail», a-t-elle ajouté.

Vêtu de ses deux polos fétiches, ou d’un tee-shirt grisâtre, quelquefois recouvert d’une veste bleue bien trop large pour son corps frêle, l’homme qui a enclenché ce tsunami a toujours l’air un peu ébahi. A 40 ans, âge auquel Henry Ford fondait sa première usine, Sam Altman a déjà changé notre monde et combattu victorieusement des concurrents farouches, une mutinerie interne, des régulateurs acharnés et un certain Elon Musk, son alter ego maléfique.

Comment ? Notre passionnante enquête retrace, à travers rencontres avec amis d’enfance, anciens collègues et mentors déchus, le parcours sinueux de ce génie imprévisible.

Les patrons des grandes entreprises du XXe siècle étaient souvent des industriels taiseux. Les géants du XXIe siècle sont souvent des experts du marketing qui parlent beaucoup mais ne révèlent absolument rien. Le patron d’OpenAI, la boîte connue surtout pour son robot précurseur ChatGPT, en est la parfaite démonstration : Altman parle rarement des conséquences pratiques de l’intelligence artificielle et préfère se cacher derrière la métaphysique. A son lancement, il avait qualifié ChatGPT d’«intelligence magique dans le ciel». En février 2025, il évoquait une «intelligence unifiée magique». Et la dernière mise à jour de son joujou lui semblait révéler «quelque chose de magique que je n’avais jamais ressenti auparavant».

En 2013 déjà, parfait inconnu, il écrivait sur son blog : «Les fondateurs les plus brillants ne cherchent pas à créer une entreprise. Ils sont en mission pour créer quelque chose qui s’apparente à une religion.» Notre journaliste analyse le mécanisme triomphant de cette religion à travers son fondateur, et en est revenue avec de nombreuses raisons de s’en inquiéter. Et comme tout messie d’une nouvelle religion, Sam Altman n’est pas près d’entendre raison.

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