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L'édito de Hamdam Mostafavi

Violences sexuelles sur des nourrissons à Montreuil : la maternité, un sanctuaire violé

Notre enquête sur les circonstances ayant pu mener à la dérive d’une infirmière et de son compagnon repose sur des documents et des faits, loin des rumeurs qu’une affaire aussi terrible peut engendrer.

(Jonathan Blezard/Libération)
Publié le 22/01/2026 à 21h21

Une affaire sordide : à l’été 2025, des révélations secouent l’hôpital André-Grégoire de Montreuil, en Seine-Saint-Denis. Une infirmière est soupçonnée d’avoir commis des agressions sexuelles sur des nourrissons dans le service de réanimation néonatale, un service qui accueille des enfants prématurés ou souffrant de problèmes de santé.

Pendant plusieurs jours, une internaute s’est muée en enquêtrice après avoir été confrontée à des images et des échanges choquants. Elle échangeait alors avec l’ancien compagnon de l’infirmière, lui aussi mis en examen dans cette affaire, contribuant ainsi à révéler les faits. Pour le meilleur comme le pire, le sujet abordé a favorisé la circulation de rumeurs en tout genre et de fausses accusations. Le choc apparaît d’autant plus grand que la maternité est perçue comme un sanctuaire.

Pendant plusieurs semaines − et encore aujourd’hui pour certaines familles −, des parents sont plongés dans l’angoisse, confrontés au doute et à l’incapacité de savoir formellement si leurs enfants ont été agressés ou non. Une forme de psychose s’installe. Nombreux sont alors ceux qui ont voulu se constituer parties civiles, même en l’absence de faits avérés, et ont vu leurs demandes rejetées.

Face à l’émoi suscité par cette affaire, à juste titre, Libération a enquêté sur les circonstances ayant pu mener à une telle dérive, ainsi que sur la manière dont l’infirmière a pu agir impunément, sans qu’aucun système d’alerte n’ait pu se déclencher. Les documents judiciaires auxquels nous avons eu accès parlent malheureusement d’eux-mêmes.

L’impact de la révélation de ces violences est d’autant plus fort qu’elles concernent de très jeunes enfants, dans l’incapacité d’exprimer leurs traumatismes, bien qu’ils soient réels. En parallèle, ces derniers mois ont été émaillés d’affaires impliquant de jeunes enfants dans les milieux scolaires et périscolaires. L’émoi que ces publications ont causé peut témoigner d’une prise de conscience accrue des violences faites aux jeunes enfants, mais celle-ci est encore loin de l’engagement nécessaire face à ce phénomène toujours abject et souvent invisibilisé.

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