Obsession contemporaine et plurimillénaire, la quête du beau est aussi universelle. En cette fin d’année, Libération explore la beauté comme injonction, privilège ou ressource, voire consolation dans un monde qui va mal. Le sublime de la montagne, l’esthétique foutraque des ruelles de Marseille, la beauté d’un navet, les codes de l’ultra féminité féministe, la coquetterie de l’Homo sapiens.... Ecrivain·es, philosophes, ethnologue et humoriste la traquent dans toutes ses formes et ses recoins.
A la poursuite de la beauté (2/8)
Quand l’anthropologue Elisabeth Azoulay a commencé à travailler sur 100 000 Ans de beauté (Gallimard) en 2005, on pensait que Homo sapiens n’était sur Terre que depuis 100 000 ans. Avec les dernières découvertes, on sait que notre espèce a au moins 300 000 ans… Y a-t-il un point commun entre ces êtres par-delà des époques, des cultures et des zones géographiques très éloignées ?
Pour la directrice éditoriale de l’ouvrage, aidée à la direction scientifique de Pascal Picq, de Georges Vigarello, de Marc Nouschi et de Françoise Gaillard, c’est «la quête de la beauté». Pas la beauté d’un paysage, d’une œuvre d’art ou d’une idée, mais la beauté de notre apparence, l’attention que nous portons à nos corps. Pour toucher du doigt ce mystère, il a fallu plus de 300 auteurs et artistes d’environ 35 nationalités (dont notre chroniqueur Emanuele Coccia). Elisabeth Azoulay ouvre notre série de fin d’année pour expliquer ce point commun




