Oui, ça polarise à toute blinde et ça défouraille à toute berzingue. Oui, les démonstrations se maçonnent à la truelle et les pensées se hérissent de barbelés. Oui, qui franchit la ligne jaune est vite mis au ban d’infamie. Oui, ça se crispe entre avis contraires et on se hurle dessus sans plus jamais écouter les arguments adverses. Oui, les anathèmes volent en escadrille. Anonymat des réseaux sociaux aidant, des meutes hurlantes crient au loup et des guillotineurs numériques s’en prennent aux têtes qui dépassent et coupent les langues trop bien pendues. Que faire ? Laisser faire, tant il ne sert pas à grand-chose de déplorer l’état létal des lieux. Essayons juste de tenir ferme sur la ligne d’une totale liberté d’opinion, en sachant pertinemment que se risquer sur le foirail de la polémique publique n’est pas sans risques. Qui s’y frotte s’y pique ! Tant pis pour le bretteur s’il est de la nique et si le peloton d’exécution le colle au mur après avoir fédéré contre lui l’horreur et la damnation.
Chronique «Ré/Jouissances»
Engueulons-nous librement, par Luc Le Vaillant
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Défense de la liberté d’opinion la plus intégrale et refus de la judiciarisation des attaques adverses, même quand la conflictualité dépasse les bornes. Au Collège de France ou ailleurs, les colloques et symposiums doivent aller au bout de leur propos.
En 2024, le député LFI Aymeric Caron, lors du rassemblement devant Sciences-Po Paris, occupé par les étudiants en soutien aux Palestiniens. (Dimitar Dilkoff/AFP)
Publié le 17/11/2025 à 7h14
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