L’exigence d’exemplarité envers nos responsables politiques n’est pas née en 1789. La Révolution française aurait même plutôt, au contraire, accompagné son éclipse. C’est la thèse soutenue par Eric Buge, haut fonctionnaire, agrégé d’histoire, professeur associé de droit constitutionnel à Paris-I Panthéon-Sorbonne et fondateur de l’association Parlons démocratie, dans L’Eclipse de la vertu, une histoire de l’exemplarité des gouvernants en démocratie (Seuil). Un éclairage historique précieux alors que le parquet général a requis, ce mardi 3 février, quatre ans de prison et cinq ans d’inéligibilité contre Marine Le Pen dans l’affaire des assistants parlementaires européens, et que Nicolas Sarkozy, incarcéré en décembre, retrouve les juges en mars.
Vous tracez une histoire longue du contrôle de l’exemplarité des gouvernants en démocratie. Est-ce une pratique si ancienne ?
Le contrôle de l’exemplarité des gouvernants est apparu en même temps que la démocratie, à Athènes, cinq siècles avant J.-C., où il était très développé. Tout citoyen qui entrait en fonctions devait subi




