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Libération
A la poursuite de la beauté (5/8)

Frédéric Spinhirny, philosophe : «Nous avons une préférence pour les beaux, il est temps de mettre fin à cette injustice»

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Pour le philosophe et directeur d’hôpital, notre fascination pour le beau est de l’ordre de la pulsion. S’en débarrasser implique une forme de violence, un travail culturel colossal.

L’installation «Cash Me Online», d’Amandine Kuhlmann, interroge la mise en scène de soi sur les réseaux sociaux. (Amandine Kuhlmann)
Publié le 30/12/2025 à 16h06

Obsession contemporaine et plurimillénaire, la quête du beau est aussi universelle. En cette fin d’année, Libération explore la beauté comme injonction, privilège ou ressource, voire consolation dans un monde qui va mal. Le sublime de la montagne, l’esthétique foutraque des ruelles de Marseille, la beauté d’un navet, les codes de l’ultra féminité-féministe, la coquetterie de Homo sapiens… Ecrivain·es, philosophes, ethnologue et humoriste la traquent dans toutes ses formes et ses recoins.

Il est temps de l’admettre, il n’y a pas que la beauté intérieure qui compte. A l’heure des réseaux sociaux, où chacun est incité à mettre en scène sa vie, notre goût pour les belles apparences s’est renforcé ainsi que les discriminations envers les personnes qui ne correspondent pas aux normes de beauté dominantes. Si quelques progrès sont observables dans les séries ou la publicité, notre regard demeure captivé par les corps sveltes, grands, plutôt blancs, sexy, comme le montre le succès d’audience de Miss France début décembre.

Dans son dernier essai le Privilège beau, cet impensé (PUF), le philosophe et directeur d’hôpital Frédéric Spinhirny fustige une société hypocrite qui refuse de regarder en face cette préférence sociale massive pour les corp

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